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Des forges du Nohain à la Grande Armée

Découvrez en cliquant sur le lien ci-dessous une nouvelle notice : elle porte sur les Lespinasse, une famille originaire de La Charité-sur-Loire, très implantée en Donziais :

Lespinasse

(Elle figure aussi dans la nouvelle page sur les Familles du Donziaiscréée il y a peu, à laquelle vous pouvez accéder par le menu principal).

Cette famille s'est illustrée dans des charges judiciaires et par son investissement dans les moulins à forge aux XVIIème et XVIIIème siècles. Vous la retrouverez ainsi dans les notices consacrées à Chailloy, Vergers, Vieux-Moulin, ou encore à la forge des Pivotins (Vielmanay), évoquée dans la page consacrée à cette industrie pionnière : moulins et forges. Les Lespinasse, qui ont aussi tenu le site du Battoir à Chaulgnes, ont été très actifs à l'ombre du grand Prieuré clunisien de La Charité-sur-Loire, dont la richesse foncière faisait vivre de nombreux hommes de loi.

                                                           

Augustin de Lespinasse (1737-1816), troisième de ce nom, a mené quant à lui une brillante carrière militaire, faisant ses premières armes dans les Mousquetaires Noirs à la fin du règne de Louis XVI, puis servant dans les armées de la Révolution, et enfin dirigeant des unités d'artillerie de la Grande Armée. Général et comte de l'Empire, son nom est inscrit au flanc de l'Arc de Triomphe. 

Son frère Louis-Nicolas, le "chevalier de Lespinasse", député de la Nièvre, fut un dessinateur classique de grande renommée.

                                               

L'archiviste et historien des Comtes de Nevers, René Leblanc de Lespinasse était issu par une alliance de cette même famille. 

Au XVIIème siècle, certains de ses membres voulurent faire reconnaître leur appartenance à la lignée des sires de Lespinasse, chevaliers venus du Forez en Bourgogne et en Nivernais. Ils se disaient issus d'Odart de Lespinasse, sgr de Champallement, Chambellan du duc de Bourgogne. Odart était présent aux côtés de Philippe, comte de Nevers, à la bataille de Nicopolis (1396). Il fut inhumé aux cotés de ses parents au Prieuré clunisien de Saint-Révérien.

Mais la filiation entre ce vaillant chevalier et nos charitois n'a pas été établie. Pas davantage l'origine de leur nom : de quelle "Espinasse" s'agissait-il si ce n'était pas celle d'Odart et de ses aïeux ?

Les derniers Lespinasse de La Charité en avaient en tout cas pris les armes "fascé d'argent et de gueules de dix pièces".

                                                                                  

 

Quelle que soit son origine, bourgeoise ou chevaleresque, cette famille entreprenante eut un beau destin, des rives de la Loire et du Nohain aux champs de bataille de l'Europe…

 

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La Forest-de-Lorme, à Colméry

La "Forest-de-Lorme" serait un fief de Colméry, mais on ne sait pas vraiment où…

Jean de Mello – qu'il faudrait pouvoir situer dans la généalogie de cette famille picarde puis bourguignonne venue en Nivernais – fait hommage pour cette terre en 1329 ? 

En 1348, Hue d’Amboise, qui a épousé l’héritière de Saint-Verain – fille de Jeanne de Mello, qui lui a sans doute légué le fief -, fait hommage à son tour.

La Forest-de-Lorme est dès lors associée à la seigneurie de la Maisonfort à Bitry, que se transmet une branche de la maison d'Amboise-Saint-Verain. On retrouve le fief en 1533 aux mains de Claude de Beaujeu, second époux de Marie des Ulmes, héritière de la Maison-Fort.

Le fief appartient ensuite aux Monnot, bourgeois de Nevers et de Donzy au service du Duc, à la fin de ce même siècle. Il leur a peut-être été attribué en même temps que Chailloy, après confiscation, pour les mêmes raisons : les Beaujeu étaient protestants.

Les Monnot sont impliqués dans l’industrie métallurgique naissante : habitant à Lépeau (Donzy) ou à Chailloy, comme maîtres de forges. Ils s’allient dans la bourgeoisie rurale et la petite aristocratie du voisinage ou en Orléanais. On les suit sur six ou sept générations.

La trace de la Forêt-de-Lorme se perd à nouveau au XVIIIème siècle.

La localisation de ce fief forestier reste mystérieuse. Le site « Cahiers du Val de Bargis », qui propose pourtant une approche très documentée de cette paroisse et des nombreux fiefs qu’elle comprenait, n’en fait pas état. On ne le trouve pas davantage sur les cartes. Il est donné par Marolles comme appartenant à la châtellenie de Donzy, mais certaines sources le placent à Donzy ou à Suilly-la-Tour.

Voyez ci-dessous la notice qui présente la succession des seigneurs de la Forêt-de-Lorme, sur la base d'un certain nombre d'hypothèses que nous formulons.

Des précisions complémentaires devront y être apportées pour les origines comme pour la dernière période, mais surtout sur son emplacement.

Merci à l'avance pour votre aide…

 La Forêt-de-Lorme  (V2 du 12/11/17)

 

 

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Suilly-la-Tour

Suilly-la-tour, aux portes de Donzy – un village animé, cher à l’auteur de ce site – est d'apparence banale le long de la route. Pourtant, il offre une palette remarquable de sites castraux anciens et prestigieux.

Au bourg, allongé en surplomb de la vallée du Nohain, point de château ni de manoir. Seule l’église gothique dédiée à Saint Symphorien, dotée de la tour monumentale qui a donné son nom à la paroisse à partir du XVIème siècle, atteste d’un riche passé.

Mais pas moins de trois châteaux principaux se partageaient le territoire paroissial, et bien d'autres richesses patrimoniales y sont toujours visibles.

Au regard de l’ancienneté, Vergers, un ancien domaine de Saint Germain, le grand évêque d'Auxerre,  qui relie directement Suilly à ce siège épiscopal, s’impose. Un ambitieux palais, dont le parc à l’anglaise s’allonge au milieu des bras du Nohain, a été construit vers 1880 sur les ruines de l’ancien château médiéval. Une petite église paroissiale gothique dédiée à Saint Pallade, successeur de Saint Germain, a succédé au XVème siècle à une église primitive, en ce lieu. Elle a été transformée mais conservée, à l’ombre du château. La munificence outrée de l’architecture néo-gothique ne doit pas faire oublier le caractère historique du site, château et forge, et l’importance de l’ancienne forteresse, dont des bases en gros appareil subsistent.

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Au regard de l’identité locale, le manoir du Magny dont les hauts murs et les restes de mâchicoulis rappellent le caractère féodal (XVè-XVIè), était le véritable château de Suilly, dont le fief s’étendait vers Garchy et Pouilly, en s’éloignant de la rivière. Les armes à trois tours des Pernay, seigneurs du Magny et de Suilly pendant plusieurs siècles, figurent à la clef d'une voute de l’église, mais il est probable que les derniers seigneurs, avaient déserté le lieu bien avant la Révolution.

                                                   Chateau_du_Magny

Au palmarès du charme cependant, c’est le beau château des Granges, dont les douves s’alimentent au Nohain, qui l’emporte. Il a été reconstruit à la fin du XVIème siècle, mais a conservé des traces des siècles précédents. Une grâce particulière se dégage de l’ensemble qui se mire dans les eaux vives et stagnantes, agrémenté d’un parc à la française. Ces « granges » étaient celles de la Rachonnière, vieux fief détenu au XIIIème siècle par un riche chevalier giennois. Ce nom et le château de Bureau de la Rivière, prirent vite le dessus sur l’ancien site.

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L’ancien fief de la Fillouse, souvent associé à celui du Magny, n’a pas conservé par contre de traces castrales, et celles qui subsistent à Presles, en contrebas du bourg, fief détaché de celui de Suilly, sont bien modestes.

Pour compléter le panorama, il faut évoquer la belle maison des maîtres de forge de Chailloy, sur le maigre Accotin, aux limites de la commune. Bijou de la fin de la Renaissance, il est dû à la famille du théologien protestant Théodore de Bèze, très investie dans l’industrie métallurgique naissante, dont le Donziais était un territoire de prédilection.

Les moulins enfin, qui ont permis de premiers balbutiements industriels, jalonnent le cours de la rivière, dont les bras occupent toute la vallée : ancienne forge de Vergers, moulin Neuf (à tan ou à écorces) au bourg, moulin Rochereau, moulins des Granges et de la Ronchonnière ; et sur l’Accotin, qui rejoint ici le Nohain : forge de Chailloy, moulins de Suillyseau et de Presles. Pas un gramme de la force du Nohain et de ses affluents n’était perdu, et on imagine l’activité qui en résultait.

Plusieurs fiefs et abbayes présentés sur ce site sont au voisinage immédiat de Suilly : le Prieuré de Donzy-le-Pré en amont, Favray, Mocques, en aval, et non loin Villargeau ; dans la forêt : la Chartreuse de Bellary et Vieux-Moulin ; au nord Chevroux et l’abbaye de Saint-Laurent…etc. Un bel environnement, vraiment !

Voyez le très joli site municipal de Suilly : www.suillylatour.fr

D enluminé

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