La Maison-Fort

(Illustration : tour du XIVè siècle)

Le château de la Maison-Fort à Bitry, non loin de Saint-Amand, sur une motte entourée de fossés, était un hexagone régulier, formé de courtines et de corps de logis, flanqués de tours rondes aux angles, élevé au XIVè siècle. Il n’en reste que le corps de logis nord, avec ses deux tours, le tout remanié à la Renaissance, et quelques autres vestiges.

La Maison-Fort téait une terre mouvant de la baronnie de Saint-Verain, et le château fut sans doute construit par un sire d'Amboise-Saint-Verain. En 1458 il passa par échange à Jean des Ulmes, fils d'Huguette de Courvol (voir cette page) (qui avait épousé Perrinet Gressart en secondes noces).

Le fief passa ensuite par alliance à la famille de Beaujeu (Beaujeu-sur-Saône, Franche-Comté) puis aux du Bois des Cours (d'origine normande puis du Perche) pour lesquels il fut érigé en marquisat, et qui le conservèrent jusqu'à la Révolution.

Le dernier marquis de La Maison-Fort, Antoine Philippe du Bois des Cours, fut un actif agent des Princes sous la Révolution et l'Empire, et a laissé plusieurs ouvrages, dont des Mémoires.

Voyez la notice décrivant la suite des seigneurs de la Maison-Fort (nouvelle version largement complétée, du 5 novembre 2016) :

La Maison-Fort (Bitry)(V3 du 3/12/16)

D enluminé

Share

8 réflexions au sujet de « La Maison-Fort »

  1. Bonjour,

     

    Je vous signale un petit fait qui concerne La Maison-Fort pendant les Guerres de Religion. Je mentionne cela dans « Le baron de Saint-Rémy, seigneur de Blancafort », B. Thierry des Epesses, 2017, page 118. A la prise d’armes par les protestants au printemps 1576, l’armée du prince de Condé renforcée par 9000 reîtres allemands, 8000 Suisses, 2000 lasquenets et 1000 Wallons traversa le Nivernais. Le lundi 9 avril 1576, Saint-Vérain ayant  refusé l’entrée du bourg aux troupes de Montmorentcy et des reîtres du  prince palatin Jean-Casimir, la petite cité fut ravagée par les soudards mais le baron de Saint-Rémy parvint à protéger les 400 femmes et enfants qui s’étaient  réfugiés dans le donjon  et les convoya avec sa compagnie et 40 à 50 Suisses à La Maison-Fort , située à deux lieue de là. En effet Saint-Rémy était un proche du seigneur de Beaujeu à qui était alors La Maison-Fort.

    Bien cordialement

    BTE

  2. Bonjour,

     

    Je vous signale un petit épisode des Guerres de Religion qui concerne la Maison-Fort et que je cite dans ma monographie "Le Baron de Saint-Rémy, seigneur de Blancafort" par B. Thierry des Epesses, 2017, page 118. Saint-Vérain ayant refusé l'entrée des troupes le lundi 9 avril 1576 à Montmorency-Méru et au duc Kasimir cette petite ville fut soumise à la violence des soudards, pour protéger les femmes et les enfants de Saint-Vérain le baron de Saint-Rémy, avec sa compagnie et 40 à 50 Suisses,  les convoya à La Maison-Fort "à deux lieues de là" tenu par un des ses proches, le seigneur de Beaujeu. Ils étaient 400.

    1. Bonjour, 

      merci de votre intérêt pour le site et de cette information intéressante sur une phase des sanglantes Guerres de Religion en Nivernais.

      Le seigneur de la Maison-Fort en question était René de Beaujeu, gouverneur d’Auxerre pour le parti huguenot, qui avait participé à la prise de la ville en 1567 (voir à ce sujet « l’Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots » par l’abbé Jean Lebeuf, réédition par Geda, La Ferté-sous-Jouarre, 2004).

      Il était le fils de Claude de Beaujeu (sur-Saône – rien à voir avec les Sully-Beaujeu) et de Marie des Ulmes.

      La Maison-Fort, sous ses différents successeurs, resta une forteresse protestante pendant plusieurs décennies et eut sans doute à en souffrir.

      1. Merci pour les informations. L'argument d'aller à La Maison-Fort est que le baron de Saint-Rémy se présentait comme parent de Beaujeu (en fait lié aux Blosset donc aux Ulmes). Il était du Tiers Parti, celui du duc d'Alençon frère du roi Henri III,donc catholique favorable aux Réformés. Il n'est pas intéressant de noter  qu'il fut chargé de la pacification d'Auxerre au lendemain de la bataille d'Arnay-le-Duc (1571) ayant la confiance de Coligny.

        Ce qu'on constate c'est qu'en 1576 La Maison-Forte était une place solide et qu'elle avait la capacité d'accueillir 400 personnes. Elle n'aurait pu être inquiétée car les troupes de Condé ne disposait pas d'artillerie adaptée à un siège. Saint-Vérain était tombée (et fut incendiée) car pourvue de faibles moyens de défense.   

        Ces Beaujeu n'étaient-ils pas possessionnés aussi de l'autre côté de la Loire ? 

        1. René de Beaujeu était issu d’une famille ancienne de Franche-Comté – auj. Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur, ex Beaujeu-sur-Saône, en Haute-Saône, où subsiste un beau donjon – venue en Bourgogne, puis en Puisaye par alliance.

          Ces sire de Beaujeu (sur-Saône) portaient « de gueules à cinq trangles d’argent ».

          Ils n’ont rien à voir avec les grands sires de Beaujeu (Beaujolais), ou avec la branche des sires de Sully issus des comtes de Blois, seigneurs de Beaujeu (château de Beaujeu, reconstruit au XVIème siècle, à Sens-Beaujeu, en Sancerrois) depuis Eudes (+1218).

          Merci pour ces précisions très intéressantes.

  3. Bonjour,

    Tout d'abord un grand bravo pour votre site, remarquablement fait et documenté qui passionnera tout nivernais amoureux d'histoire et de vieilles pierres.

    En tant que nouveau propriétaire de la Maison-Fort (et président de l'association "Les Amis de Maison-Fort") je suis évident plus sensible aux articles qui concernent celle-ci.

    A ce propos, avez-vous connaissance de notes concernant Claude de Beaujeu et Philibert, époux de Catherine d'Amboise, qui ne serait pas le frère de Claude (évèque de Béthléem) ?

    Je vous donne le lien correspondant au cas-où : http://www.corpusetampois.com/cls-16-philibertdebeaujeu1543stbasile.html

    Selon l'auteur Jean des Ulmes (père ?) aurait partagé la Maison-Fort avec Pierre d'Amboise (d'où peut être le litige réglé par Louix XI ?) et Jean II serait le père de Marie des Ulmes (avec Christine Blosset) Perrot n'étant que le frère de ce dernier ?

    " En 1533-1534, Philibert de Beaujeu, seigneur de Lignières (3), dernier représentant des Beaujeu-Forez, [p.398] et Claude de Beaujeu, seigneur de la Maisonfort (1), de la famille de Beaujeu-sur-Saône et frère de l’évêque de Bethléem, possédaient dans la châtellenie de Donzy (2), le premier, Ormeaux et Villiers le second, la forêt de Lormes (3). Dans la châtellenie de Saint-Verain (4), Philibert avait la dime de la Forest Claude, les terres de Villiers et d’Argenoul, et Louis de Montaigne-Sallazart, au nom de Catherine de Beaujeu-Montcoquier, sa mère, reprenait de fief pour la seigneurie d’Asnois (5). 

         Bien plus, les ancêtres de Catherine d’Amboise, la femme de Philibert de Beaujeu-Lignières, tenaient la Maisonfort en même temps que Jean des Ulmes, l’aïeul de Marie des Ulmes, qui apporta cette terre à Claude de Beaujeu. "

    "L’Inventaire des titres de Nevers de l’abbé de Marolles, col. 304, cite une Catherine d’Amboise, dame de la Maisonfort, en 1435. Elle descendait de Hugues d’Amboise, seigneur de Chaumont-sur-Loire, deuxième fils de Jean II d’Amboise, et qui épousa, en 1304, Anne dite Jeanne de Saint-Verain, fille unique de Hugues de Saint Verain et de Jeanne de Mello, dont il avait eu:
         1° Jean d’Amboise, seigneur de Saint-Verain, tué à Crécy en 1316 
         2° Hugues, seigneur de la Maisonfort et de Langeron, qui laissa, d’Isabeau de Bussj, une fille unique, Annette d Ainboùe, dame de la Maisonfort, et femme de Guillaume Guenand, seigneur des Bordes. Jean eut un fils du nom de Hugues, marié à Anne de Saint-Verain, sa cousine, dont: 1° Isabeau d’Amboise, mariée à Guy d’Aigreville, seigneur de Monceaux; 2° Catherine, femme de: 1° Charles de Villaines; 2° Pierre de Chandio, gouverneur d’Auxerre. (LEBEUF, t. III, p. 568). —Voir tableau III. 
         Catherine avait eu la Maisonfort, mais elle l’avait abandonnée à ses neveux, Jean et Philippe d’Aigreville, fils de sa sœur Isabeau. Jean II [p.401] saisir la Maisonfort «que prétendait avoir Jean des Ulmes et dans laquelle il avait fait résistance, quoiqu’il ne pût prétendre qu’à la troisième partie» (Inventaire de Nevers, col. 304). 
         En 1435, Philippe d’Aigreville, au nom el comme procureur d’Isabeau d’Amboise, sa mère, dame d’Aigreville, Asnois et Saint-Verain en partie, avait repris de fief pour ces seigneuries. (Ib., col. 303). "

    "Les des Ulmes possédaient une partie de la Maisonfort depuis le commencement du xve siècle. Jean des Ulmes, en 1435, «avait fait résistance dans la place de la Maisonfoit, ou il ne pouvait prétendre qu’à la troisième partie». 
         Jean des Ulmes, le 24 mars 1464, assistait avec plusieurs chevaliers à un hommage du comte d’Auxerre envers l’évéque. (Abbé LEBEUF, Histoire d’Auxerre, t. I, p. 531), En septembre 1493, un Jean des Ulmes, seigneur de la Maisonfort, recevait de Jean Riboteau, trésorier général en Bourgogne, ses gages pour le service du roi. (Arch. de la Côte-d’Or, Peincedé, t. XXII, p. 903). 
         Le 15 octobre 1511, Perrot des Ulmes, ayant procuration de son fière Jean, seigneur de la Maisonfort, avait rempli les devoirs féodaux. (Inv. de Nevers, col. 683). Jean était encore vivant en 1517. (Ibid., col. 179). Les des Ulmes portaient de sinople, au lion morné d’argent. Mais, selon M. de Soullrait, une quittance donnée par Jean des Ulmes, en 1438, et conservée à la Bibliothèque nationale, aurait un sceau pendant ou se verrait un fascé avec un lion brochant sur le tout. (Armorial de la Nièvre, t. Il, p. 220). "

    Je vous laisse juge de ces dires, quant à moi je vous invite bien sûr à Maison-Fort pour prendre une photo plus récente et sympa du manoir , en même temps que le plaisir de vous rencontrer de vive-voix.

    Cordialement,

    Denis 

    1. Merci de votre appréciation sur le site et pour cette contribution très intéressante.

      Je vais l’étudier soigneusement, pour en intégrer les éléments.

      Je vous recontacterai bien volontiers.

       

    2. Apporté qq modifications de détails à la notice (nouvelle version en ligne) ; mentionné en particulier que Perrot des Ulmes est considéré par certaines sources comme le fils de Jean II et Marguerite de la Perrière, et par d'autres comme son frère (les dates ne permettent pas de trancher).

      J'avais déjà consulté l'article sur les Beaujeu de Franche-Comté, qui est très bien documenté et m'avait été utile également pour un autre site où ils apparaissent. 

      Pour les Amboise-Saint-Verain, je préfère rester calé sur les sources qui me paraissent les plus fiables : L. Mirot et la base Roglo. Il faut rappeller qu'une certaine confusion subsiste en ce qui concerne la détention des fiefs, qui vient de l'indivision, assortie de longs procès, qui marqua cette famille au XVème siècle, et se termina finalement par la reprise de la baronnie de Saint-Verain par les comtes de Nevers.

      La Maison-Fort quant à elle eut son propre destin, après l'échange fait par Pierre d'Amboise avec Jean des Ulmes.

Laisser un commentaire

Votre adresse de messagerie ne sera pas publiée.