ABBAYES

(N.D. du Pré à Donzy : tympan roman)

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Le Donziais a été une terre d’abbayes, grâce à de grands fondateurs, aux évêques d’Auxerre, à la générosité des barons et seigneurs, et enfin à la dynamique des grands ordres monastiques.

Mais ces belles constructions spirituelles et monumentales déclinèrent inexorablement sous l’invraissemblable régime de la commende dès la fin du XVème siècle, focalisé sur leur temporel, au point d’en faire au fil du temps de véritables propriétés privées, dont les religieux, dotés d’une portion congrue de leurs revenus, assuraient à bas prix l’entretien.

La région souffrit beaucoup des guerres de religion : de très nombreux pillages et destructions sont intervenus à la fin des années 1560, laissant des ruines dans ces sites vénérables. Les exactions vengeresses de la Révolution ont parachevé, deux siècles plus tard, l’anéantissement des établissements religieux. Aucun ne s’en est relevé ; il est donc difficile d’imaginer aujourd’hui ce que furent l’importance religieuse et la richesse architecturale de chacun d’eux.

En cliquant sur les liens ci-dessous vous aurez accès à des articles consacrés à chaque ancien monastère du Donziais, ainsi qu’à une documentation sur les ordres dont ils dépendaient.

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A tout seigneur tout honneur, Cluny, tête de l’Ordre de Saint Benoît, a eu un établissement en Donziais :

– le Prieuré N.-D. du Pré (Donzy), dont l’exceptionnel tympan roman atténue l’effet misérable des ruines.

Dans cette même tradition bénédictine, l’abbaye de Saint Germain à Auxerre avait pour dépendances :

– le Prieuré Saint-Baudèle de Cessy (Cessy-les-Bois), de fondation très ancienne dans ce site reculé, qui était la première dépendance de la grande abbaye auxerroise ; 

le Prieuré de Moutiers (Moutiers-en-Puisaye) lui aussi très ancien et dédié à l’origine à l’accueil des pèlerins bretons qui se rendaient d’Irlande à Rome ; 

– le Prieuré de Saint-Verain (Saint-Verain-des-Bois), qui accompagna l’essor de cette puissante seigneurie, et dont la belle église est parvenue jusqu’à nous.

Un monastère primitif existait aussi à Vielmanay – ou Mannay – comme en atteste le Règlement de Saint Aunaire, évêque d’Auxerre (596), mais son histoire est très peu documentée et il aurait disparu très tôt. Seul son  temporel survécut pour des « bénéficiaires » sous la garde des tabellions, souvent associé à ceux de Cessy et de Coche tout proche (fondé avec Bellary et l’Epeau par le comte Hervé et la comtesse Mahaut) et détruit au cours des guerres de Religion (1560).

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L’Abbaye (Prieuré) Notre-Dame de La Charité-sur-Loire, l’une des filles aînées de Cluny, dont les restes considérables attestent de la splendeur passée, se trouve au voisinage immédiat de l’ancien Donziais, et y avait de nombreuses possessions, dont Saint Aignan de Cosne (cf. infra). Voyez la notice que nous lui consacrons : La Charité, en Donziais ?

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D’autres établissements de la mouvance bénédictine ont eu leurs heures de gloire :

– le Prieuré Saint Robert (Andryes) relevant de la Chaise-Dieu, issu du transfert de la très ancienne implantation à Druyes de Saint Romain, compagnon de Saint Benoît de Nursie ;

– le Prieuré Saint Agnan (Cosne), qui dépendait de La Charité, dont la belle église romane témoigne encore ;

– le modeste Prieuré de Montbenoît (Pougny).

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Les Chanoines réguliers de Saint-Augustin contrôlaient :

– l’Abbaye de Saint-Laurent (Saint-Laurent l’Abbaye), de très ancienne fondation sur des terres appartenant à Saint-Hilaire de Poitiers ;

– l’abbaye Sainte-Marie de Villegondon (Saint-Loup) : voir Roches ci-dessous à laquelle elle fut très tôt réunie

– le Prieuré de Cours (Cosne-Cours-sur-Loire), qui en dépendait ;

– le Prieuré Saint Lazare de Boutissaint (Treigny), rattaché ensuite à Saint Amâtre d’Auxerre, qui subit une véritable appropriation privée au XVIème siècle.

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L’Ordre de Cîteaux, était représenté par :

– l’Abbaye N.-D. de Roches (à Myennes) relevant de Pontigny, qui fut la nécropole des sires de Saint-Verain, mais dont on ne voit plus que de pauvres ruines ;

– l’Abbaye N.-D. de Bourras (à St-Malo en Donziois), première fille de Pontigny, dotée de vastes exploitations  agricoles, et dont le logis abbatial du XVIIIème siècle subsiste.

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L’ Ordre des Chartreux était présent à :

– La Chartreuse de Bellary (Chateauneuf-Val-de-Bargis), dont les restes austères, enchâssés dans la grande forêt, témoignent de l’ancienne richesse ; fondée par le comte Hervé et la comtesse Mahaut, avec l’Epeau et Coche ;

– La Chartreuse de Basseville (à Pousseaux, au voisinage immédiat de l’ancien Donziais), à laquelle fut agrégé le Prieuré Saint-Robert d’Andryes.

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L’Ordre du Val-des-Choux, lié à Cîteaux, avait une fondation :

– l’Abbaye N.-D. de l’Epeau (Donzy), dont les ruines altières dominent la vallée de la Talvanne en amont de Donzy ; fondée par le comte Hervé et la comtesse Mahaut, avec Bellary et Coche.

– Le Prieuré Saint-Nicolas de Réveillon (Entrains), aujourd’hui disparu, en dépendait.

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L’Ordre de Grandmont :

– le Prieuré Saint-Marc de Fontenay (Corvol-l’Orgueilleux), construit sur le modèle rigoureux de l’ordre, n’offre plus à nos yeux qu’une émouvante abside romane.

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L’Ordre du Temple, puis de Saint-Jean-de-Jérusalem avait :

– la Commanderie de Villemoison (Saint-Père), rattachée ensuite à celle du Saulce, en Auxerrois, qui conserve une partie de ses anciens bâtiments médiévaux et renaissance.

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