Baronnie de Saint-Verain

(Illustration : carreau en faïence en "bleu de Saint-Verain")

Saint-Verain, en Puisaye nivernaise, aux confins du Val de Loire, fut une énorme forteresse au XIIIème siècle. Seules subsistent quelques ruines, dont le donjon, éventré. Les Gibaud, sires de Saint-Verain, sont connus depuis le début du XIème siècle.

On a évoqué une fondation parallèlle à celle de Donzy par Hugues de Chalon (975-1039), évêque d'Auxerre, mais ce n'est pas démontré, d'autant que le premier Gibaud (Witbaldus) était installé là antérieurement. L'évêque dût plutôt le confirmer ou le renforcer dans ses droits féodaux, sur ce territoire qu'il contrôlait. Peut-être était-il son parent, à l'instar de Geoffroy de Donzy ou d'Ythier de Toucy ?

En fait un château fort préexistait sous le nom de Romfort, qu'on appela Saint-Verain après le transfert des reliques du saint à la fin du IXème siècle (voir notice sur le Prieuré de Saint-Verain).

Une brillante lignée de chevaliers fit souche à Saint-Verain et s'allia avec les grandes familles féodales des environs. Elle paya un lourd tribu aux croisades, dans lesquelles les sires de Saint-Verain furent très engagés.

La seigneurie principale passa par alliance aux sires d'Amboise, qui la tinrent, sans y être très présents semble-t-il, jusqu'au XVème siècle. Elle fut alors partagée à la suite d'un long procès en succession, qui révèle l'étendue des possessions des barons de Saint-Verain dans la région, et finalement reprise par le comte de Nevers (1489).

Elle eut alors le statut d'une simple châtellenie du comté, et les fiefs qui en dépendaient furent détenus par les comtes eux-même, et par d'autres familles locales. Saint-Verain fut dès lors administrée par des officiers comtaux et déclina. Elle subit les ravages des guerres de religion et un terrible incendie en 1603, et la forterresse fut progressivement pillée, en particulier au XIXème siècle. 

Saint-Verain ne s'inscrit pas au sens strict dans le territoire de l'ancienne baronnie de Donzy. Néanmoins, les nombreux liens qui l'y unissent et son voisinage immédiat, nous ont suggéré de l'étudier, ainsi que les principaux fiefs qui en relevaient.

Une branche cadette de Saint-Verain – les "Rongefer" –  avait fait souche à Asnois (châtellenie de Metz-le-Comte, en Nivernais) et plus tard une autre à la Celle-sur-Loire, toute proche de l'abbaye cistercienne de Roches, que les barons de Saint-Verain avaient fondée, mais dont seules de pauvres ruines subsistent.

A Saint-Verain, les pôtiers de Puisaye inventèrent au XVIè siècle un bleu exceptionnel, qui fit leur renommée (voyez le site Grès de Puisaye)

La suite des barons, ainsi que celle des seigneurs de la Celle, sont présentées dans la notice ci-jointe : Saint-Verain

Un tableau généalogique est proposé par le site Racineshistoire, et de nombreuses indications historiques et archéologiques sont données par le site régional Cahiers-du-Val-de-Bargis.

Un ouvrage enfin a été consacré à l'histoire de Saint-Verain, par L. et A. Mirot (voir Bibliographie)

 

D enluminé

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