Archives de catégorie : Nièvre

Un maréchal-duc à la Motte-Josserand ?

Nicolas de l’Hôpital, duc de Vitry et Maréchal de France, fut seigneur de la Motte-Josserand au XVIIème siècle.

Il en avait hérité : cette terre et ce château étaient dans sa famille depuis le mariage de Charles de L’Hôpital, son arrière-grand-père, avec Catherine L’Orfèvre.

La confiance du Roi Louis XIII, sa brillante carrière militaire et les nombreuses autres terres et châteaux qu’il détenait, lui laissèrent-ils le temps de venir dans sa forteresse des bords du Nohain ? Rien n’est moins sûr ; ses fils ne la conservèrent d’ailleurs pas.

Le duc de Vitry était marquis d’Arc-en-Barrois et comte de Châteauvillain. Il possédait de grands biens en Brie, terre d’élection de sa famille, dont Vitry-Coubert et le beau château de Nandy. Il fut Capitaine des gardes du corps et témoigna de sa fidélité au Roi en menant l’assassinat de Concini.

Lieutenant-général en Brie, il fut élevé à la dignité de maréchal de France le 24 avril 1617, reçu conseiller d’honneur au parlement de Paris le 22 mai suivant ; chevalier des Ordres du roi le 31 décembre 1619. Il contribua à remettre sous l’obéissance du roi en 1621 les places de Jargeau, Sancerre et Sully, et fut pourvu du gouvernement de Provence en 1632. Il fut arrêté et mis à la Bastille le 27 octobre 1637, pour des prises de position insolentes, et n’en sortit que le 19 janvier 1643. L’année suivante le roi Louis XIV lui donna le brevet de duc et pair de France ; il mourut le 28 septembre 1644.

Mais on ne peut parler du maréchal de Vitry sans évoquer le destin étonnant de cette famille de L’Hôpital.

C’était une famille d’origine italienne qui revendiquait comme ancêtres les Gallucio du royaume de Naples – une lignée chevaleresque réputée descendre des princes de Capoue lombards – , dont elle portait les armes au coq (gaulois), transformées.

Par lettres patentes de septembre 1748, « le Mis de l’Hopital et MM. de Ste-Mesme furent autorisés par le Roi à porter le nom de Galluccio, et à accepter les places et dignités affectées à la noblesse du Siège de Nido, au Royaume de Naples ».

Une épitaphe en l’église Saint-Merry faisait même de Jean de L’Hopital (Gianni Galluccio), venu en France au XIVème siècle, le petit-fils du capétien Philippe d’Anjou, prince de Tarente, excusez du peu ! Mais aucune trace probante n’existe de cette origine princière.

Ce Jean était en fait « Clerc des Arbalétriers » c’est-à-dire trésorier, payeur de gages, à la suite d’un oncle dont il aurait pris le nom : François de l’Hôpital, connu comme « bourgeois de Modène », qui participa à la fondation du Collège des Lombards.

L’union de Jean avec la fille du grand financier Nicolas Braque lui apporta certes une assise territoriale considérable, sur laquelle ses descendants s’appuyèrent pour s’intégrer à la haute noblesse. Au XVIIIème, les représentants de la branche aînée obtenaient donc les fameuses lettres patentes les reliant à la vieille noblesse de Naples, sans doute pour masquer une origine indigne du milieu dans lequel ils évoluaient.

Voyez ci-dessous la curieuse généalogie de cette famille, limitée toutefois à la branche possessionnée en Donziais.

Famille de L’Hospital

Share

Les bâtards de Clèves

(Illustration : armes de Clèves-La Marck-Bourgogne)

En épousant Elisabeth, fille de Jean de Bourgogne, comte de Nevers (XVème siècle), les comtes de Clèves et de la Marck, grands vassaux des ducs de Bourgogne, chevaliers de la Toison d’Or, héritent de ce comté et des terres associées. Ils figurent donc dans la suite des comtes de Nevers, barons de Donzy.

Il se trouve qu’à un échelon inférieur on rencontre en Donziais des représentants de deux lignées bâtardes de Clèves :

  • celle d’Herman, sire d’Asnois, fils naturel de Jean II  ;
  • et celle de François, abbé commendataire du Tréport, qui, non content d’être un fils naturel d’Engilbert de Clèves, comte de Nevers, eut une nombreuse descendance.

Leurs membres se sont alliés dans la contrée et on les retrouve en différents sites, en particulier à Alligny près de Cosne, une terre issue des anciens barons de Saint-Verain.

Louis de Clèves, le fils de l’abbé du Tréport, est connu sous le nom de « seigneur de Fontaine« . Les auteurs balancent : s’agissait-il d’une terre de ce nom en Berry (?), ou de la « fontaine d’Alligny » à Alligny-Cosne, sur laquelle la belle église Saint-Saturnin fut bâtie ?

Voyez ci-dessous une notice généalogique sur ces deux lignées.

Bâtards de Clèves

Share

Croisy, fief et forge sur le Sauzay

(Illustration : ancre de marine en bord de Loire à Cosne)

Le fief de Croisy, à la Chapelle Saint-André, situé au bord du Sauzay en aval du village, non loin du Mée et du Grand-Sauzay, était également une petite forge spécialisée dans les ancres de marine, grâce à une importante dérivation du Sauzay.

Le site paraît avoir été détenu par les Dupin, de Varzy, dès l’origine au XVIème siècle, et passa par succession aux Grandrye puis aux Courvol.

Les bâtiments industriels ont été conservés, mais le bief est à sec, la dérivation ayant été désactivée.

Une belle maison du XVIIIème, siège du domaine agricole ou maison du maître de forge, subsiste, en surplomb de la rivière.

Voyez ci-dessous une première approche de la succession des seigneurs de Croisy, et aidez-nous à la compléter…

Croisy

Share

Saint-Georges, à Corvol

(Illustration : la chapelle Saint-Georges, près de Corvol-l’Orgueilleux)

Tout en approfondissant l’histoire des principaux fiefs et châteaux du Donziais, nos recherches se portent également sur de plus petites terres, où toute trace seigneuriale a disparu, mais que nous rencontrons dans des actes.

Il en va ainsi de Saint-Georges, qui est un petit fief de la paroisse et châtellenie de Corvol-l’Orgueilleux, non loin du Grand-Sauzay, et dont on peut suivre la possession depuis la fin du  XVème siècle, malgré sa discrétion.

Aucune trace castrale n’est visible de nos jours dans ce hameau, où subsiste cependant une belle chapelle du XVème siècle.

Son histoire nous fait découvrir notamment les Rodon et les Blosset. Ces derniers n’étaient pas nivernais d’origine.

Voyez ci-dessous une première tentative d’établir la succession des seigneurs du lieu, qui devra être complétée au début et à la fin. Merci de votre concours !

Saint-Georges (Corvol)

 

Share

Corvol, Courvol : clarifications…

Il y a en Nivernais deux Corvol : Corvol-l’Orgueilleux et Corvol d’Embernard ; et il y eut une famille d’extraction chevaleresque dite « de Courvol ».

Cela mérite une clarification plus poussée que celle que nous avions proposée dans un article des débuts de ce blog, auquel celui-ci se substitue donc…

A tout seigneur tout honneur : Corvol l’Orgueilleux, gros bourg du canton de Varzy, conserve quelques traces de son importance passée. C’était le siège d’une des châtellenies du Donziais, unie très tôt à celle de Billy voisine, ni l’une ni l’autre ne comprenant un grand nombre de fiefs. En fait « d’Orgueilleux », surnom inspiré pour certains par ses fortifications anciennes, Corvol était plutôt « Argileux », ce qui est plus prosaïque, si l’on en croît Dom Charles de Courvol auteur de la généalogie de sa famille. Le mot se serait déformé au fil des siècles.

Cette terre faisait partie des vastes domaines que Saint Germain, évêque d’Auxerre, avait légués à son diocèse ou à l’oratoire de Saint-Maurice (d’Agaune), qui fut à l’origine de l’ abbaye de Saint Germain d’Auxerre. C’est sans doute pourquoi elle a eu plus tard un statut baronnial en Donziais, puis comtal en Nivernais. Il y avait là, avant même l’église recensée par Saint Trétice en 691, un monastère relevant sans doute de la grande abbaye.

L’ancien château comtal, modifié au fil du temps, a été en partie conservé, près de l’église et donc de l’ancien couvent : c’est un édifice composite qui paraît aujourd’hui relativement modeste.

                                                

Il n’y a pas trace dans les sources disponibles d’une « seigneurie particulière » à Corvol, ou d’une « vicomté » comme on en trouve à Druyes ou à Entrains, autres places comtales. Le château abritait sans doute un « capitaine » et peut-être une petite garnison, chargée de faire respecter les droits comtaux. Mais ces fonctions féodales se sont diluées et n’existaient plus à l’avènement du duché (XVIème siècle).

Corvol aurait donné son nom à la famille de Courvol, selon Villenaut, qui précise qu’ils n’en étaient pas les seigneurs, mais qu’ils y étaient simplement possessionnés. Cette question est peu documentée et reste discutée.

Voyez ci-dessous une nouvelle notice, enrichie, sur la généalogie de cette famille :

 Famille de Courvol

Corvol d’Embernard, modeste village du canton de Brinon de nos jours, était un fief ancien de la châtellenie de Montenoison, et n’était donc pas en Donziais. A-t-il donné son nom à la famille de Courvol, où lui a-t-elle donné, étant originaire de Corvol-l’Orgueilleux , comme certains l’avancent ?

Son église est dédiée à saint Gengoult et tout semble indiquer que cette paroisse fondée au 9ème siècle s’est formée sous les auspices d’un certain Dom Bernard. Ainsi au 14ème siècle, elle est mentionnée sous le nom de Corvolum Domipni Bernardi. Qui était ce Bernard  ?

Le fief paraît être sorti assez tôt de la famille de Courvol, dans des circonstances qui restent obscures : des Courvol font hommage au XIIIème siècle, mais dès la fin du XIVème, d’autres familles se succèdent à Corvol.

Corvol-d’Embernard est très proche géographiquement du Donziais et a appartenu aux sires de La Rivière, d’où l’intérêt de se pencher sur la succession de ses seigneurs  : 

Corvol d’Embernard

Merci de vos remarques et suggestions pour enrichir cette documentation !

Share