Archives pour la catégorie Vallée du Nohain

Hôtel « Frappier de Saint-Martin »

Un bel hôtel ancien (XVIIème-XVIIIème siècle), dit "Frappier de Saint-Martin", devenu depuis longtemps un bâtiment communal, frappe le visiteur, dans le bourg de Donzy.

                                              

Il porte le nom d'une vieille famille bourgeoise de Donzy, les Frappier, connue depuis le XVème siècle, dont nous avons tenté de reconstituer la généalogie avec toutes les sources disponibles.

Elle eut différentes branches qui prirent, suivant l'usage du temps, les noms des terres qu'ils possédaient dans les environs, dont Saint-Martin. S'agit-il simplement d'une référence à la paroisse de Saint-Martin-du-Pré où ils paraissent avoir habité pendant plusieurs générations ?

Les Frappier ont pu, grâce aux revenus de leurs activités commerciales et industrielles – dont l'exploitation de moulins à forge, à Vergers, Bailly et l'Eminence – et grâce à leurs charges judiciaires, acquérir des terres en Donziais : Montbenoit, ou encore le grand château de Ratilly. Ils se sont alliés avec de nombreuses familles connues de la région, déjà rencontrées dans d'autres sites : Champromain, Pontcharrault, Saint-Père, ou encore Chailloy.

L'une des branches prit au XVIIIème siècle le nom de Frappier de Jérusalem, l'un de ses membres ayant acquis cette terre et ce château, près de Saint-Verain, sur l'histoire duquel nous savons encore bien peu de choses. 

Voyez ci-dessous une notice qui présente l'état actuel de nos recherches sur cette famille et ses possessions :

Famille Frappier (V1 du 16/11/17)

 

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Des vicomtes à Entrains ?

Les barons de Donzy étaient seigneurs d’Entrains, où ils tenaient un château qui eut le statut comtal après l'union au comté de Nevers.

Nous évoquons cette ancienne cité gallo-romaine dans l'article spécifique qui lui est consacré : Entrains.

Un titre de « vicomte d’Entrains », paraît s’être transmis dans des familles de la région, à partir de Guyot du Chesnoy – voir l'article sur Le Chesnoy et Ferrières – au XIIIème siècle. On pouvait autrefois voir en ville une maison dite « de la vicomté ». On peut supposer que ces vicomtes – historiquement des délégués du comte  – s'étaient constitué une seigneurie particulière, comme ce fut le cas à Druyes.

Cette vicomté, que Marolles ne cite pas comme un fief, reste énigmatique, mais elle avait des dépendances dans la contrée, et fut en tout cas vendue au duc de Nevers en 1779.

Nous avons tenté de reconstituer dans la notice ci-dessous la succession des vicomtes, des origines aux Saint-Phalle et Grivel de Grossouvre du XVIIème siècle, qui sont connus pour avoir porté ce titre et possédé ces terres.

Mais ce n'est qu'une hypothèse et nous aimerions disposer de données complémentaires pour la confirmer ou l'infirmer.

Vicomtes d’Entrains (V1 27-10-17)

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La Roussille, aux sources du Nohain

(Illustration : le Nohain près de sa source, aux pieds de la Roussille)

Le fief de la Roussille, qui aurait donné son nom à une famille oubliée, eut un destin associé à ceux des autres fiefs voisins d'Entrains : Miniers et St-Cyr, Réveillon, Château-du-Bois

Un manoir y subsiste, qui domine les sources du Nohain, en amont d'Entrains.

Cette terre a changé plusieurs fois de mains au XVIIIème siècle. L'un de ses propriétaires, Jean-Baptiste Amelot, connut une certaine notoriété en concevant le projet de Canal de la Loire à l'Yonne, qui serait passé précisément aux pieds de la Roussille (voir l'article précédent : Donzy, port fluvial ?).

Nous sommes évidemment intéressés par des informations complémentaires qui permettraient d'étoffer et de préciser la notice ci-dessous qui présente l'état actuel de nos connaissances sur la suite des seigneurs de :

La Roussille

 

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Donzy, port fluvial ?

(Illustration : Camille Pissaro : "Ecluse sur l'Oise")

Il s’en est fallu de peu que Donzy ne devienne au XVIIIème siècle un port fluvial !

Un certain Amelot avait conçu vers 1700 le projet d’un canal de la Loire à l’Yonne, empruntant notamment le cours du Nohain, à partir de Cosne. Cette voie aurait permis de transférer des marchandises qui descendaient le cours de la Loire vers le bassin de la Seine et Paris, et d’y acheminer les productions du Nivernais et du Morvan. La « Fourniture de bois à destination de Paris » une activité qui mobilisait bien des énergies dans les hautes vallées de l’Yonne et de la Cure depuis le XVIème siècle, mais subissait les contraintes du « flottage », en aurait été sensiblement améliorée. Les productions métallurgiques aussi auraient trouvé de nouveaux débouchés.

Pourtant ce projet ne vit jamais le jour.

C'est qu'il n’avait pas que des amis et ses détracteurs rivalisaient d’arguments de plus ou moins bonne foi pour en contester la pertinence.

En Gâtinais et en Orléanais on voyait le canal de Cosne comme un concurrent potentiel de ceux de Briare, d’Orléans et du Loing. Le duc d’Orléans, qui exerçait le pouvoir suprême au moment même où le projet était sur la table, appuyé par un puissant réseau d’influence, se posa en protecteur de ces ouvrages, qui alimentaient sa cassette.

Il n’est pas certain que les maîtres de forges du Donziais y aient été plus favorables. Car un tel aménagement aurait capté une part du débit du Nohain et de ses affluents, au détriment de l’efficacité de leurs usines au fil de l’eau.

Il faut admettre enfin que son activité aurait été de courte durée, puisque le déclin du bois de chauffage et celui de la petite industrie métallurgique étaient imminents.

C’était cependant un beau projet et il eut changé radicalement l’aspect du pays !

Léon Mirot, historien clamecycois et archiviste, en a raconté l’histoire dans une brochure parfaitement documentée : « Projets de jonction de la Loire et de l’Yonne ; le canal de Cosne à Clamecy » (Paris, Nevers, 1907).

Les « Annales des Pays Nivernais », dans leur livraison consacrée à Donzy (Camosine, Nevers, n° 153, 2013), évoquent ce projet.

Son porteur principal et presque unique, Jean-Baptiste Amelot (1674-1742), ingénieur des Ponts-et-Chaussées, était le fils d’un marchand de Cosne. Devenu « seigneur de la Roussille » près d’Entrains (voir l'article correspondant), en surplomb des sources du Nohain justement, il fut connu comme « Entrepreneur des travaux du Roi ». Il se remaria en 1718 avec la fille d’un huissier du Châtelet de Paris et en eut des enfants, dont l’un, Jean-Henri, Contrôleur des droits réunis en Languedoc, lui succéda dans l’entreprise.

Amelot avait obtenu l’appui d’un puissant personnage : le maréchal d’Estrées, Amiral, Grand d’Espagne, Gouverneur de Nantes et Vice-Roi d’Amérique, qui fut son défenseur au Conseil du Roi et son associé un temps. « Le maréchal d'Estrées et l'abbé son frère étaient honnêtes gens » écrit Saint-Simon, « et tout-à-fait portés à M. le duc d'Orléans, mais si faibles, si courtisans, si timides, qu'il y avait à rire de leurs frayeurs ».

Amelot en obtint des lettres patentes pour la création de la société du canal le 27 juin 1719. Elles furent aussitôt contestées et n’entrèrent jamais en vigueur, malgré 23 ans de débats techniques et judiciaires, qui laissèrent Amelot amer et ruiné. L’arrêt définitif du Conseil du Roi du 22 avril 1742 finit par « faire défense aux promoteurs du projet de construire le canal de Cosne, ni de troubler directement ou indirectement M. le duc d’Orléans… ».

Le projet refit surface pendant la Révolution, à l’initiative des héritiers du fondateur, son fils et son gendre. Mais un nouvel examen du dossier mit à nouveau en évidence la nécessité de préserver l’activité des nombreux moulins et d’assurer la navigabilité de l’Yonne jusqu’à Auxerre, ce qui le rendait improbable. Il s’enlisa à nouveau.

Le parti d’aménagement était pourtant fort simple puisqu’il s’agissait, pour l’essentiel, d’utiliser la vallée du Nohain qui offre une pente douce et régulière sur 45 kms, de Cosne à Entrains où il prend sa source. La seule difficulté consistait à franchir ensuite le seuil qui sépare cette vallée d’Etais-la-Sauvin, pour rejoindre le cours du ruisseau d’Andryes qui rejoint l’Yonne à Surgy.

Lors de la réactivation du projet en 1790, on imagina même une variante qui aurait obliqué vers le sud à Entrains, pour rejoindre après un seuil le ruisseau de Corbelin et le Sauzay, et atteindre Clamecy par Corvol-L’Orgueilleux.

Autant vaut dire qu’à l’image du Nohain qui en est l’âme, ce canal aurait été éminemment Donziais. Il aurait transformé le pays et serait devenu de nos jours un excellent vecteur touristique. On aurait visité la forteresse de la Motte-Josserand, le prieuré de Notre-Dame-du-Pré ou le château des Granges depuis les escales fluviales. Des ports à Etais, Entrains, Donzy, auraient animé ces petites cités, sans parler de Cosne dont la vocation de carrefour eut été renforcée.

Mais ce canal resta une chimère ; le flottage du bois a cessé ; le bruit des martinets s'est tu.  Heureusement le Nohain, belle rivière sauvage, ne cesse de nous enchanter.

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Entrains, cité de « Jupiter tonnant »

Entrains, dans la haute vallée du Nohain, non loin de sa source,  est environné de sites médiévaux. Nous en avons évoqué certains : Réveillon, Château-du-Bois, ou encore Miniers et St-Cyr, Le Chesnoy et Ferrières.

Mais qu’en est-il de la cité elle-même  ?

On estime qu’elle fut fondée par les Senons aux confins méridionaux de leur territoire. Elle devint une ville gallo-romaine d’une certaine importance (25.000 hts ?), sous le nom d’Interanum, au carrefour de cinq routes. A ce titre elle rivalise en Nivernais avec Nevers, Decize et Cosne, et surclasse largement Donzy, connue seulement depuis les VIème-VIIème siècles. Elle aurait même abrité un préfet de l’Empire, doté d’un palais. La ville recèle de très nombreuses traces de cette époque, dont celles d’un amphithéâtre, de thermes, de villas…etc. Les fouilles ont mis à jour de magnifiques trésors antiques, dont certains figurent dans les musées nationaux.

                                                           apollon

                       Statue d'Apollon d'Entrains (Musée national de Saint-Germain-en-Laye)

Son nom a donné lieu à débat : s’agissait-il, comme le suggéraient Lebeuf et d’autres auteurs, d’évoquer une cité au milieu des étangs ou des eaux – inter-amnes – ? Ou plutôt, comme le fait l'abbé Baudiau, historien d’Entrains (« Histoire d’Entrain depuis les temps les plus reculés jusqu’à nos jours » par J.-F. Baudiau, chez Fay-Vallières à Nevers, 1879), d’une référence au nom donné par les gaulois au Jupiter tonnant : Taran ? Les sources anciennes disponibles ne permettent pas de trancher.

                                                         jupiter

                                                                Jupiter (Entrains, 1969)

La lignée bourguignonne de Semur-Chalon qui fut à l’origine de la baronnie de Donzy au tournant de l’an Mil avec l’appui de l’Evêque Hugues, aurait donc pu choisir Entrains comme siège de son grand fief, s’inscrivant ainsi dans une continuité historique. Le grand historien allemand Karl-Ferdinand Werner a développé cette théorie du continuum de l’antiquité tardive à la féodalité, et les liens que l’aristocratie franque conquérante ne manqua pas d’établir avec les familles sénatoriales gallo-romaines, dont elle adopta la culture.

Mais les invasions, celles des Vandales et des Sarrasins, et les raids normands du IXème siècle avaient eu raison de la vieille Interanum, dont le site correspondait peu aux exigences défensives de l’époque.

En aval, l’éperon rocheux de Donzy, plus près du Val de Loire, s’était imposé pour établir une forteresse. Peut-être ces terres, réputées avoir appartenu à la famille du grand Saint Germain d’Auxerre, avaient-elles aussi une valeur symbolique particulière, quand Entrains conservait la marque du « paganisme » ancien ; d’autant que Saint Pèlerin, premier évêque d’Auxerre, y avait été martyrisé vers l’an 300.

Voyez à ce sujet un extrait des "Mémoires concernant l'histoire civile et ecclésiastique d'Auxerre et de son ancien diocèse" de l'abbé Lebeuf, consacré à la vie de Saint Pélerin :

Saint Pélerin

Les barons de Donzy puis les comtes de Nevers entretinrent cependant un château à Entrains, qui bénéficiait de fortifications antiques et dont il ne pouvaient négliger l’importance. Une châtellenie y fut naturellement établie sur ces bases au début du XIIIème siècle, lors de l’union de la baronnie au comté.

Il n’y a plus trace du château baronnial qui devait, selon l’abbé Baudiau et d’autres auteurs, se trouver au nord de la ville, peut-être sur les lieux mêmes de l’ancien palais des gouverneurs romains d’Interanum, lui aussi disparu, tout près de l’ancien amphithéâtre dont le sol conserve la marque. Il aurait été complètement ruiné avec la ville par les guerres du moyen-âge (1427).

Du point de vue féodal, Entrains fut donc à la fois le siège d’une châtellenie et une cité dotée de franchises, en raison de son ancienneté. Ses bourgeois prospères n’eurent de cesse d’acquérir des fiefs aux environs.

Les comtes de Nevers y entretenaient une garnison et des capitaines, parfois appelés pompeusement « gouverneurs », peut-être par référence à ce passé glorieux. Ils siégèrent au Petit-Fort dès lors que le château principal fut ruiné.

Un titre de « vicomte d’Entrains », ou parfois de « seigneur d’Entrains » paraît s’être transmis dans des familles de la région, à partir de Jean d’Ordon au XIIIème siècle. On pouvait autrefois voir en ville une maison dite « de la vicomté ». On peut supposer que ce titre était associé à la possession d’une seigneurie particulière en raison du statut comtal de la cité, comme ce fut le cas à Druyes. Quoiqu’il en soit, on connaît quelques vicomtes d’Entrains :  Eustache de Saint-Phalle, d’une vieille famille du Gâtinais qui aurait eu une implication locale ancienne, ou Hubert de Grivel, son beau-frère, que nous avons déjà rencontré comme seigneur de Pesselières. Cette vicomté un peu énigmatique, que Marolles ne cite pratiquement pas, mais qui avait des dépendances dans la contrée, fut en tout cas vendue au duc de Nevers en 1779. Elle mérite une étude plus poussée.

L’essor de la terre et du château de Réveillon, très proche de la ville au sud, et le poids de ses seigneurs, s’imposèrent toutefois progressivement dans le paysage féodal de la haute vallée du Nohain. Après la Révolution, le comte Roy, haut personnage du gouvernement, paracheva cette domination en achetant de nombreuses terres du voisinage.

Entrains a connu un certain déclin, jusqu’à ne pas avoir le statut de chef-lieu de canton. Mais son passé romain est aujourd’hui heureusement mis en valeur, et le bourg conserve, malgré les outrages du temps, la mémoire d’un ensemble urbain âgé de près de 2000 ans…

Nous serions intéressés par des données plus précises sur la vicomté d'Entrains…

 

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Le Chevreau de Cosne

Aux portes de Cosne, presque inclus dans la ville, le château de Montchevreau, appelé aussi "le Chevreau" autrefois, a abrité l'enfance du marquis de la Maison-Fort, agent des Princes pendant la Révolution et l'Empire, dont les Mémoires retracent de façon très imagée dans leurs premiers chapitres la vie d'un jeune et riche officier, en Nivernais, à la fin de l'Ancien Régime.

D'une facture très classique (XVII-XVIIIème), ce château a sans doute remplacé un édifice plus ancien, dont quelques traces subsistent.

Ce fief a été associé à celui, voisin, de la Bertauche, dont il est peut-être issu, et tous deux sont proches de Port-Aubry, au sud de Cosne, sur le versant de la Loire. Il sont passés par acquisition dans les mains de riches parlementaires et officiers royaux aux XVIIème et XVIIIème siècles, dont l'un a dû faire construire le château actuel, avant d'être acquis par les du Bois des Cours, de la Maison-Fort.

Voyez ci-dessous l'état actuel de nos connaissances sur la succession des seigneurs de La Bertauche et de Montchevreau, qui demande à être précisée sur plusieurs points, et notamment sur l'identité du bâtisseur du château…

Montchevreau (V3 actualisée le 16/10/17)

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Suilly-la-Tour

Suilly-la-tour, aux portes de Donzy – un village animé, cher à l’auteur de ce site – est d'apparence banale le long de la route. Pourtant, il offre une palette remarquable de sites castraux anciens et prestigieux.

Au bourg, allongé en surplomb de la vallée du Nohain, point de château ni de manoir. Seule l’église gothique dédiée à Saint Symphorien, dotée de la tour monumentale qui a donné son nom à la paroisse à partir du XVIème siècle, atteste d’un riche passé.

Mais pas moins de trois châteaux principaux se partageaient le territoire paroissial, et bien d'autres richesses patrimoniales y sont toujours visibles.

Au regard de l’ancienneté, Vergers, un ancien domaine de Saint Germain, le grand évêque d'Auxerre,  qui relie directement Suilly à ce siège épiscopal, s’impose. Un ambitieux palais, dont le parc à l’anglaise s’allonge au milieu des bras du Nohain, a été construit vers 1880 sur les ruines de l’ancien château médiéval. Une petite église paroissiale gothique dédiée à Saint Pallade, successeur de Saint Germain, a succédé au XVème siècle à une église primitive, en ce lieu. Elle a été transformée mais conservée, à l’ombre du château. La munificence outrée de l’architecture néo-gothique ne doit pas faire oublier le caractère historique du site, château et forge, et l’importance de l’ancienne forteresse, dont des bases en gros appareil subsistent.

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Au regard de l’identité locale, le manoir du Magny dont les hauts murs et les restes de mâchicoulis rappellent le caractère féodal (XVè-XVIè), était le véritable château de Suilly, dont le fief s’étendait vers Garchy et Pouilly, en s’éloignant de la rivière. Les armes à trois tours des Pernay, seigneurs du Magny et de Suilly pendant plusieurs siècles, figurent à la clef d'une voute de l’église, mais il est probable que les derniers seigneurs, avaient déserté le lieu bien avant la Révolution.

                                                   Chateau_du_Magny

Au palmarès du charme cependant, c’est le beau château des Granges, dont les douves s’alimentent au Nohain, qui l’emporte. Il a été reconstruit à la fin du XVIème siècle, mais a conservé des traces des siècles précédents. Une grâce particulière se dégage de l’ensemble qui se mire dans les eaux vives et stagnantes, agrémenté d’un parc à la française. Ces « granges » étaient celles de la Rachonnière, vieux fief détenu au XIIIème siècle par un riche chevalier giennois. Ce nom et le château de Bureau de la Rivière, prirent vite le dessus sur l’ancien site.

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L’ancien fief de la Fillouse, souvent associé à celui du Magny, n’a pas conservé par contre de traces castrales, et celles qui subsistent à Presles, en contrebas du bourg, fief détaché de celui de Suilly, sont bien modestes.

Pour compléter le panorama, il faut évoquer la belle maison des maîtres de forge de Chailloy, sur le maigre Accotin, aux limites de la commune. Bijou de la fin de la Renaissance, il est dû à la famille du théologien protestant Théodore de Bèze, très investie dans l’industrie métallurgique naissante, dont le Donziais était un territoire de prédilection.

Les moulins enfin, qui ont permis de premiers balbutiements industriels, jalonnent le cours de la rivière, dont les bras occupent toute la vallée : ancienne forge de Vergers, moulin Neuf (à tan ou à écorces) au bourg, moulin Rochereau, moulins des Granges et de la Ronchonnière ; et sur l’Accotin, qui rejoint ici le Nohain : forge de Chailloy, moulins de Suillyseau et de Presles. Pas un gramme de la force du Nohain et de ses affluents n’était perdu, et on imagine l’activité qui en résultait.

Plusieurs fiefs et abbayes présentés sur ce site sont au voisinage immédiat de Suilly : le Prieuré de Donzy-le-Pré en amont, Favray, Mocques, en aval, et non loin Villargeau ; dans la forêt : la Chartreuse de Bellary et Vieux-Moulin ; au nord Chevroux et l’abbaye de Saint-Laurent…etc. Un bel environnement, vraiment !

Voyez le très joli site municipal de Suilly : www.suillylatour.fr

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Lamoignon, un fief à Donzy ?

(Illustration : armes des Lamoignon)

Le nom de Lamoignon est connu : les membres de cette grande famille parlementaire se sont illustrés dans les plus hautes charges du royaume. Ainsi le célèbre « Basville » – Nicolas de Lamoignon – Intendant à Montpellier : il a laissé  un souvenir mitigé tant il fut implacable dans la répression des protestants après la révocation de l’Edit de Nantes. Ou encore le grand MalesherbesChrétien Guillaume de Lamoignon – homme sage et érudit, ministre et avocat de Louis XVI, qui périt avec toute sa famille sur l’échafaud en 1794. On ne compte plus les « Présidents à mortier » ou « Maître des requêtes » de cette lignée, qui a légué à Paris l’Hôtel de Lamoignon, reconstruit par Robert de Cotte, aujourd’hui Bibliothèque historique de la ville.

Mais quel rapport avec Donzy ? 

Ces grands serviteurs de l'Etat se prétendaient issus d'une famille d'ancienne extraction chevaleresque de ce nom, connue en Donziais depuis la fin du XIIIème siècle, dont le fief aurait été situé dans les faubourgs de la cité. Il y a effectivement un « Pré de Lamoignon » au bord de la Talvanne, mentionné sur les anciens plans de la ville. Une « porte de Lamoignon » (ou « de la Poterne ») de l’ancienne enceinte du coté du Levant, dont ce fief était réputé proche, a également existé. 

Pourtant, les sources probantes indiquent que ces parlementaires étaient issus de Charles Lamoignon, fils d’un juriste de Nevers au service du Duc (Clèves), venu à Paris en 1544 à son instigation, après de brillantes études à Bourges et en Italie.

Des éclaircissements s’imposent.

Le nom d’abord. Villenaut, dans son « Nobiliaire de Nivernois », rappelle avec bon sens que Lamoignon était à l’origine un surnom donné à différents personnages venus des Amognes à la ville : « l’Amognon » ou « l’Amoignon », suivant l'usage du temps. C’est sous ce patronyme, utilisé avec différentes orthographes, que ces petits seigneurs sont constamment nommés dans l’Inventaire de Marolles. Il n’est donc pas douteux que le lieu dénommé Lamoignon à Donzy n’a pas donné son nom à une famille mais qu’une famille le lui a donné. Sur ce sujet le débat paraît clos.

Les familles. Il y eut semble-t-il plusieurs lignées de ce nom. Bien que certains généalogistes l'aient fait, on ne peut rattacher avec certitude les parlementaires parisiens aux Lamoignon du Donziais, malgré une certaine communauté de prénoms.

Ce sont ces derniers qu’on trouvera dans nos pages. Marolles les mentionne à plusieurs reprises pour les hommages qu’ils rendent au comte ou en raison de leur présence au ban des gentilshommes nivernais. On les retrouve dans bien des seigneuries du Donziais : ainsi à Chasnay et dans d’autres petits fiefs de la châtellenie de Chateauneuf, leur premier enracinement local ; en 1424 Pierre Lamoignon, sgr de Mannay, élit sépulture en l’abbaye de l’Epeau ; en 1520, Jeanne Lamoignon est « dame de Champromain ». Par des alliances ils s'implantent à La Brosse, à Brétignelles et Villargeau, ou à Rivière en Puisaye. Ils s’allient aux familles de Pernay (le Magny), de La Tournelle-Maisoncomte (La Motte-Josserand), de Champs (Pesselières), de Vieilbourg (Mocques), ou encore de Mullot (Le Colombier), rayonnant ainsi largement au sein de la noblesse locale, alors même que ceux de Nevers évoluaient dans la bourgeoisie de la ville.

Le lieu enfin. La branche parisienne, devenue riche et célèbre, revendiqua à la fin du XVIIème siècle une origine donziaise qui l’aurait enracinée dans un terroir et surtout dans la noblesse d’épée.

Y avait-il eu un fief ancien de ce nom à Donzy ? Peut-être un de ces « fiefs urbains » ou une « maison de ville » des Lamoignon de la région ? L’Inventaire des Titres de Nevers (XVIIIème) mentionne son existence, mais ne cite aucun acte le concernant.

Guillaume Lamoignon de Blancmesnil , le père de Malesherbes, acheta une terre à Donzy en 1720 – le « Pré Lamoignon » – qui aurait fait partie de l’ancien fief, pour renouer avec ses origines ou…accréditer ses prétentions. Des généalogistes patentés, se copiant les uns les autres – mais largement contestés depuis – firent alors de tous les membres de la lignée réunifiée des « seigneurs du fief de Lamoignon ».

Le fief de Boisjardin voisin appartenait en 1750 à Chrétien Guillaume de Lamoignon, qui le donna en fermage (voir l'article sur Boisjardin).

Gardons nous de conclure, car les spécialistes en débattent toujours. Lamoignon est un nom du Nivernais et du Donziais qu’on retrouve fréquemment sur ce site, et si des acteurs de la Grande Histoire qui le portaient revendiquent cette même origine, ne boudons pas notre satisfaction… 

Nous proposons ci-dessous une généalogie des Lamoignon nivernais, dont certains points restent à confirmer et à compléter :

Généalogie Lamoignon (2/11/17)

 

Pour plus d'informations, vous pouvez consulter les sites suivants, qui sont parfois discordants :

Famille de Lamoignon (Wiki)

Cahiers du Val de Bargis (page Donzy)

Base Pierfit (généalogie Lamoignon)

Etude de C. Lamboley sur les origines des Lamoignon

Blanchard : "Les Présidents à Mortier" (art. Lamoignon)

Moreri "Dictionnaire" (art. Lamoignon)

La Chesnaye des Bois "Dictionnaire" (art. Lamoignon)

 

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Villechaud, résidence épiscopale

(Illustration : crue de la Loire à Cosne – 1856)

La tour acccolée à la chapelle Sainte-Brigitte de Villechaud, au sud de Cosne, est l'ultime trace du château que les évêques d'Auxerre y avaient fait construire au XIIIème siècle, et qui fut, à l'instar de Régennes, au bord de l'Yonne en aval d'Auxerre, ou de Varzy, une de leurs résidences habituelles. Ils marquaient là un souci d'occupation et de défense de leur territoire, qui faisait d'eux des seigneurs temporels autant que des chefs spirituels.

Voyez ci-dessous la courte notice consacrée à ce site dont la structure complète nous restera inconnue. Nous aimerions pouvoir la compléter de nouvelles indications.

Villechaud

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La Fillouse

(Illustration : l'église de Suilly-la-Tour)

La Fillouse était un petit fief de la paroisse de Suilly, associé à celui de la Buffière et finalement aux fiefs voisins du Magny et de Suilly.

Son histoire reste obscure. Des actes cités par Marolles attestent qu'elle fut détenue par de grandes familles : les sires des Barres, les Pioche, sgr d’Aunay, et les Girard, sgr de Passy.

Dans des conditions encore inexpliquées, mais sans doute par acquisition, La Fillouse passa finalement aux Pernay, sgrs de Suilly et du Magny, et resta sans doute associée à ces fiefs jusqu’à la Révolution.

Un petit manoir (XVIIIè ? ), entouré d’un parc, occupe certainement la place de l’ancienne demeure féodale.

La notice ci-dessous reste donc largement à compléter, merci de votre aide…

La Fillouse

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Champromain

(Illustration : forêt de Donzy)

Champromain – un nom qui sent bon son antiquité – aurait appartenu aux sires de Saint-Verain à l'origine (Voir la notice Saint-Verain).

Le site domine la vallée de la Talvanne des hauteurs de la forêt de Donzy. Une gentilhommière du XIXème siècle a remplacé l’ancienne demeure d’une branche de la famille donziaise de Lamoignon, mais des éléments anciens subsistent.

La première mention connue de nous est celle de Jeanne de Lamoignon, « dame de Champromain » en 1520, fille de Charles et Claude d’Auroux, et petite-fille d’Alixand de La Tournelle-Maisoncomte, dame de la Motte-Josserand. Il est possible que Champromain ait appartenu, comme bien d’autres terres en Donziais, aux sires de La Rivière, dont Alixand descendait par sa mère. Le lien entre l’héritage de Saint-Verain et Jeanne de Lamoignon reste en tout cas à établir.

Une des dernières dames de Champromain avant la Révolution, était la sœur du grand architecte Jacques-Germain Soufflot, originaire d’Irancy.

Voyez ci-dessous une notice plus détaillée, qui reste à compléter :

Champromain  (V5 enrichie le 4/6/18)

 

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St-Nicolas de Réveillon, prieuré évanoui

(Illustration : ruines de l'abbaye de l'Epeau, Donzy) 

Modeste prieuré cistercien de l’Ordre du Val des Choux, à la « collation » de l'Abbé de l'Épeau, c'est-à-dire dépendant de cette abbaye dont le chef nommait le prieur, Saint-Nicolas de Réveillon avait été fondé avant 1250 à St-Cyr-les-Entrains, mais n’y a laissé aucune trace visible.

Il devait être reconstruit en 1770 à l’emplacement initial, mais le curé d’Entrains, également prieur commendataire de Saint Nicolas, préféra utiliser le « quart de réserve des coupes de bois » pour agrandir l'église paroissiale St-Sulpice par une chapelle derrière le chœur, qui tint dès lors lieu de prieuré.

Voyez ci-dessous une notice consacrée pour l'essentiel à l'odre du Val des Choux, car on ne sait presque rien du prieuré St-Nicolas lui-même :

Le prieuré St-Nicolas de Réveillon

D enluminé

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Prieuré-Cure de Cours

(Illustration : l'église de Cours)

L’ancien Prieuré de Cours forme avec la belle église gothique un bel ensemble architectural. 

Il remonte à une époque reculée ; en effet, au début du XIIème siècle, l’évêque d’Auxerre Humbaud ayant abandonné ses droits sur la paroisse au profit de l’abbaye de Saint-Laurent (voir cette page) des Chanoines réguliers de Saint-Augustin, un prieuré y fut construit, afin de permettre à un moine de Saint-Laurent de desservir la paroisse et de toucher les dîmes qui y étaient attachées.

Il connut toutes les vicissitudes de l'histoire, fut reconstruit au XVIè siècle et devint ensuite le presbytère de la paroisse. Il a été heureusement restauré. 

Voyez ci-joint une courte notice, car on dispose de peu d'éléments sur la vie de ce prieuré :

Le prieuré de Cours

D enluminé

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Saint-Laurent, l’abbaye de Vulfin

(En illustration : l'abbaye Sainte Geneviève de Paris)

Vers 530, le prince franc Vulfin fonde le monastère de Saint Laurent sur la terre de Longrest, seigneurie donnée à l'église St Hilaire de Poitiers par Clovis, après la bataille de Vouillé. La seigneurie de Longrest s'étendait à l'époque sur les paroisses de Saint Quentin dans son entier et une partie de celles de St Laurent, St Martin, St Andelain, Garchy et Pouilly.

Vers 1080, à la demande de l'évêque d'Auxerre, Robert, fils du comte de Nevers, un abbé est placé à sa tête, et l'abbaye est confiée aux Chanoines de Saint Augustin. C'est à partir de cette époque qu'elle connaît, suite à de nombreux dons, un rayonnement important. Les églises alentours (St Martin, Cours (voir cette fiche), Garchy, Tracy et St Quentin) dépendent de l'abbaye de St Laurent. Une dizaine de chanoines y vivent et exploitent des terres, des vignes, plusieurs moulins lui appartiennent, ainsi que des bois, des étangs, des fermes.

Au XVIIe siècle, lors de la réforme monastique, elle se rallie à la Congrégation de France, fondée par le cardinal de la Rochefoucauld, abbé commendataire de Sainte-Geneviève de Paris pour rétablir dans les établissements augustiniens une observance rigoureuse à la suite du Concile de Trente. 

Mais peu avant la Révolution, elle est supprimée par la Commission des réguliers,  instituée à la demande de Louis XV pour réfréner les abus du clergé et vérifier la viabilité des monastères.

Des restes significatifs mais délabrés de l'église et des bâtiments monastiques sont toujours visibles à Saint Laurent, qui attestent de son importance passée.

Voyez ci-dessous une notice qui en précise l'histoire :

L'abbaye de Saint-Laurent

D enluminé

 

 

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Notre-Dame du Pré, de Saint Germain à Cluny

(Illustration : tympan du portail nord de Donzy-le-Pré)

Les toutes premières mentions d'une église à Donzy (le Pré) datent de la fin du VIè siècle dans le règlement de Saint Aunaire (vers 596) évêque d’Auxerre de 572 à 603, et dans celui de Saint Tétrice, l’un de ses successeurs de 691 à 706. Un édifice  primitif fut probablement construit à cette époque, remplacé ensuite par une seconde église, détruite par les raids normands au IXè siècle, lors de leurs incursions dans la région, et dont on aurait trouvé quelques indices alentours.

Un prieuré rattaché à Saint-Germain d’Auxerre y aurait alors été fondé au XIIè siècle, rattaché ensuite à Cluny par les soins d’Hervé II, baron de Donzy (voir cette fiche) ; c’est de cette époque que dateraient les ruines actuelles.

L’établissement, enrichi par les libéralités d’Hugues de Montaigu, évêque d’Auxerre à partir de 1115, eut à souffrir au XIVè siècle de la guerre franco-anglaise. Puis, il fut de nouveau ravagé par les troupes royales de Charles VII en 1434, et par les protestants en 1569, qui, de surcroît, brûlèrent également papiers, contrats et terriers.

Abîmé et épuisé par ces attaques, au XVIIIè siècle, l’édifice tombait en ruine. La Révolution en aura raison : il sera alors démoli, les matériaux vendus. Ce n’est que grâce à la mobilisation des habitants de Donzy-le-Pré que la destruction complète sera stoppée.

Les ruines visibles de nos jours seraient donc celles de la troisième église dont il ne reste que deux grandes arcades du vaisseau central, l’avant-nef, avec son portail sculpté, la tour supportant le clocher, et le logis du prieur, détaché de l’église

C’est le portail qui présente le plus d’intérêt. Son tympan met Donzy-le-Pré au premier rang de la sculpture romane. Composé de trois dalles assemblées, il porte trois figures en haut-relief : au centre, la Vierge en majesté présentant l’Enfant, à sa droite un ange thuriféraire et à sa gauche un homme tenant une palme que l’on s’accorde à reconnaître comme le prophète Isaïe. Fait remarquable : malgré toutes les attaques et dégradations qu’a subi le bâtiment, le tympan de Donzy-le-Pré n’a, pour ainsi dire, jamais souffert d’une quelconque mutilation. Ce tympan était à l’origine peint ; il en reste encore quelques traces. C’est vers 1875 que le Ministère des Beaux-Arts fit exécuter le plâtre du portail : il est exposé dans la galerie des moulages de la Cité de l’Architecture et du Patrimoine au Palais de Chaillot à Paris.

Voyez ci-dessous une notice sur l'histoire de Donzy-le-Pré :

Le prieuré N.-D. du Pré

D enluminé

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