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Romain, de Subiaco à Fons Drogi

(Illustration : le monastère de Subiaco)

Après saint Pèlerin, premier évêque d’Auxerre, martyrisé à Bouhy en 303, et le grand saint Germain (380-448), voici saint Romain (462-543), fondateur du monastère de Druyes et  – excusez du peu ! – mentor de Saint Benoit lui-même…

L’abbé C. Leclerc, curé de Druyes-les-Belles-Fontaines au XIXème siècle, a raconté la vie de ce personnage hors du commun, avec dévotion et à la manière de son temps : « Saint Romain, éducateur de saint Benoît, abbé et fondateur de Druyes-les-Belles-Fontaines » (Mignard, Paris, 1893).

Longtemps avant lui, le moine Gislebert, de St-Rémi-de-Sens, avait écrit une « Vita Sancti Romani, conditoris Fonti Rogae » vers 1050, inspirée de traditions monastiques orales. Ce texte, qui recèle inévitablement des éléments légendaires, est la seule source disponible, reprise par les auteurs classiques : Mabillon et les Bollandistes.

L’itinéraire de ce Romain, assez méconnu, fut une aventure extraordinaire.

Il était né vers 462, sans doute à Rome, d’une famille chrétienne aisée, alors que l’Empire était à l’agonie, Goths et Vandales lui portant les derniers coups. En Gaule, la société gallo-romaine cultivée, comme Sidoine Apollinaire, voyait avec effroi les barbares francs chevelus s’imposer à elle par la force.

Romain entra très jeune au petit couvent de Subiaco, délaissant ses études et le monde. Ses frères furent vite édifiés par sa piété ardente et, malgré son jeune âge, sa réputation de sainteté se répandit dans le pays. Elle attira le jeune Benoît, dont il fut dès lors le mentor. Il le forma et l’accompagna dans son choix érémitique. Il le nourrit même pendant trois ans dans sa grotte, avec ce fameux panier suspendu que l’imagerie légendaire a retenu. Il resta son fidèle compagnon, s’effaçant devant la notoriété croissante de celui qui refonda le monachisme occidental. On ne sait rien de son rôle réel à ses côtés.

                                                                    

Les circonstances dans lesquelles il quitta Subiaco vers 500 restent obscures. S’agissait-il de fuir des persécutions, de laisser le champ libre à son illustre élève ou tout simplement d’un « appel » ? Gislebert opte pour ce parti et le fait prendre congé de ses frères dans ces termes : « Mais, comme l’homme n’est pas le maître de sa voie, comme sa direction appartient à celui qui dispose de toutes choses avec la plus grande sérénité, je vous en prie, n’essayez pas de me retenir. Dieu m’ordonne d’aller dans les Gaules, je dois obéir. Il faut marcher…. ».

Il marcha donc et gagna les Alpes, passant sans doute au Petit-Saint-Bernard comme l’avait fait Germain en route vers Ravenne, et comme le fera quelques décennies plus tard Maur. Il se serait arrêté au grand sanctuaire burgonde d’Agaune près de Martigny, récemment fondé et dirigé alors par Séverin – celui-là même que Clovis, malade, appela à Lutèce – ; ainsi qu’au monastère de Condat (Saint-Claude), fondé en 420 par un autre Romain, originaire du Jura, le saint le plus célèbre de ce nom.

Pourquoi se dirigea-t-il vers l’Auxerrois ? Il suivait naturellement les voies romaines, mais la réputation de Germain ne fut sans doute pas étrangère à ce choix, ainsi que celle de Pèlerin.

Quoiqu’il en soit, sa pérégrination prit fin dans la grotte de Druyes, qui lui rappela peut-être les rochers de Subiaco.

                                                           

Connue par ses sources sous le nom de Fons-Drogi, cette localité n’était pas anodine. Elle avait une réputation de site druidique. L’historien Née de la Rochelle – dont la famille en était originaire – écrit que « la ville de Druyes est très ancienne et qu’il y avait un temple dédié au dieu Mercure ou Teutatès, ainsi qu’une habitation spéciale pour les druides, l’un et l’autre étant bâtis sur la montagne… ». Le grand saint Martin de Tours y était passé dans son voyage en pays Eduen, aux dernières années du IVème siècle.

Romain reprit donc là sa vie de prière et de privations, dans la grotte qui porte son nom, dont il défricha les environs. Bientôt les foules se pressèrent à son ermitage et il put travailler à l’extinction du paganisme. Il construisit non loin une première chapelle dédiée à Notre-Dame de Pitié, qui existait encore à la fin du XVIIIème siècle ; puis, adossée au rocher et dominant les eaux, pour conjurer les traditions païennes qui régnaient sur ce site, une autre dédiée à Saint Martin, qui attira un pèlerinage jusqu’au XVIIème siècle. Toutes deux ont disparu.

Pour répondre aux sollicitations à le rejoindre il fonda un monastère en contrebas : la première abbaye « bénédictine » de France. En effet, l’office de Saint Romain (22 mai) du bréviaire de l’Ordre de St-Benoit précise que « Saint Romain, ayant construit un monastère à Druyes, y entretint avec soin les traditions monastiques, s’en fit le propagateur éminent, et entra de suite, d’une manière admirable, dans les intentions et les vues du célèbre patriarche que les moines d’Occident appellent leur père et que saint Romain nomme son élève ».

Un bourg se développa autour du monastère qui avait pris une certaine extension. Les moines défrichaient et cultivaient les terres alentour. Romain entreprit alors de construire une vraie basilique qui devait avoir une certaine importance mais n’a laissé aucune trace. Elle fut détruite par un incendie au XIème siècle, et remplacée par la belle église Saint Romain actuelle, construite à la demande de Guillaume II, comte de Nevers et d’Auxerre (1083-1168), qui aimait ce lieu où il fit également édifier le fameux château sur la hauteur.

                                     

Romain paraît avoir rayonné à Auxerre et dans la région où il aurait accompli plusieurs miracles. Peu avant sa mort il accueillit à Druyes saint Maur, envoyé en Gaule par Benoit, dont il était le premier disciple, pour propager la nouvelle Règle monastique. Pendant son séjour à Druyes, une vision qu’il put partager avec Romain lui aurait révélé la mort de son maître au Mont-Cassin. Mais les dates officielles ne corroborent pas cet évènement.

Romain ne survécut pas longtemps à celui qu’il appelait son élève et s’éteignit à Druyes le 22 mai 543. Il fut inhumé aux pieds de l’autel de sa basilique. Ses reliques furent plus tard transférées pour échapper aux invasions, et dispersées, suivant l’usage du temps. Son monastère, qui avait décliné après sa mort et fut peut-être attaqué par les Normands, fut rebâti à quelque distance en aval, à une date inconnue, en un lieu qu’on nomma Andryes : il devint plus tard le Prieuré Saint Robert d’Andryes, donné à la nouvelle abbaye de la Chaise-Dieu par l’évêque Geoffroy de Champallement (1076), le co-fondateur du Prieuré de La Charité.

Essentiels pour comprendre l’importance de Druyes, cette histoire et son modeste héros, restent méconnus. Mais la grotte surmontée d’une croix est là, au fond de la prairie, pour nous rappeler la mémoire de l’ermite fondateur.

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Le martyr de Bouhy

Bouhy, modeste village au nord d’Entrains – une terre de la châtellenie de Saint-Verain au moyen-âge que nous avons déjà visitée (Bouhy et Cosme) – est un site fondateur pour l’Eglise d’Auxerre : c’est là qu’en 303 ou 304 le premier évêque envoyé par Rome, Pèlerin (Peregrinus), fut martyrisé par l’armée romaine. Une église fut établie en ce lieu avant le VIème siècle.

Une fontaine rappelle ce triste événement. A cet endroit, selon la légende, un serpent paré d’un collier de perles avait révélé la cache de l’évêque au centurion, en s’enroulant autour d’un arbre. Cette bête monstrueuse apparait toujours le 16 mai au petit matin, jour de la Saint Pélerin, mais il est recommandé par la même légende de… ne pas chercher à la voir.

                       

L’église de Bouhy, simple et beau monument gothique du XIIIème siècle qui a dû remplacer l’édifice primitif, est dédiée au saint évêque.

L’action de Pèlerin, l’un des premiers évangélisateurs des Gaules, s’inscrit dans le temps tout juste après saint Denis, à Paris, saint Martial, à Limoges, ou saint Saturnin, à Toulouse. Cette ancienneté – le diocèse de Nevers ne fut fondé que deux siècles plus tard – l’origine romaine du fondateur et son martyr, ont donné une aura particulière à l’Eglise d’Auxerre. La haute figure de Saint Germain, au Vème siècle, alors que l’Empire romain s’effondre, achèvera de faire d’Auxerre un siège épiscopal prestigieux.

L’épopée de Pèlerin a été décrite par la « Geste des évêques d’Auxerre ».

L’abbé Lebeuf reprend ainsi cette histoire (extraits) : « Malgré les persécutions, la foi se propageait donc en secret, et bientôt les chrétiens de l’Auxerrois firent parvenir jusqu’à Rome leurs vœux ardents pour avoir au milieu d’eux un évêque et des prêtres ; Saint Sixte II occupait alors la chaire de saint Pierre ; il ne put se refuser aux désirs trop légitimes des peuples de l’Auxerrois, et il jeta les yeux sur Pèlerin ou Pérégrin, compagnon de saint Laurent, pour remplir cette importante mission. Après lui avoir imposé les mains, il lui ordonna de partir pour les Gaules…. »

 Saint Laurent, un des diacres du pape Sixte II, fut martyrisé sur un gril à Rome en 258. L’Empereur Constantin fit construire hors les murs, sur le site supposé de son sacrifice, l’exceptionnelle basilique qui porte son nom.

 Lebeuf poursuit : « Ce fut vers l’an 258 ou 259 que Pèlerin se mit en route, ayant pour compagnons Marse, prêtre ; Corcodome diacre ; Jovinien et Alexandre, sous-diacres, et un autre Jovinien, lecteur. Ils débarquèrent à Marseille, puis se rendirent à Lyon, laissant partout sur leur passage des marques non équivoques de leur zèle et de leur sainteté. De là ils pénétrèrent jusque sur les rives de l’Yonne, c’est-à-dire dans le pays des Gaules où l’idolâtrie avait jeté de plus profondes racines. L’Yonne, source de l’abondance et de la prospérité du pays, était adorée comme une déesse, sous le nom d’Icauna…L’éloquence, la sainteté et les miracles de Pèlerin convertirent les principaux habitants d’Auxerre ; bientôt il put construire une petite église sur les bords de l’Yonne, à la source de quelques fontaines ….»

Cet édifice primitif construit hors les murs de la cité doit être considéré comme la première « cathédrale » d’Auxerre. C’est Amâtre, le sixième évêque, qui établit la cathédrale sur son emplacement actuel au cœur de la cité. Devenue une paroisse et reconstruite en style gothique, la chapelle saint Pèlerin a été largement transformée : sa nef abrite aujourd’hui des logements et son chœur un temple protestant. Le puits dit « de Saint-Jovinien », dans lequel l’évêque baptisait, se trouvait dans une vaste cave voutée qu’on peut toujours voir sous le choeur.

                                                                  

Lebeuf reprend : «…Il y avait, à dix lieues d’Auxerre, un pays montagneux, couvert de bois qui environnaient les lacs formés dans les vallées ; la position de ce pays favorisait le culte des païens ; c’était la Puisaye, dont une partie forma le Donziais.

Entrains, Interanum, était la capitale de ce pays, ville puissante, au milieu de laquelle s’élevait le palais du préfet romain, qui ne craignait pas de prendre le titre de césar. Elle renfermait plusieurs temples dans ses murs, et, à l’exemple de Rome, elle avait admis les divinités grecques et romaines, auxquelles elle avait associé les monstrueuses idoles de l’Orient. Un Aulerque venait d’élever un nouveau temple en l’honneur de Jupiter hospitalier ; il n’avait rien négligé dans la construction de ce temple, et la richesse des décors égalait la beauté de l’architecture. On accourait de toutes parts pour le visiter. Pèlerin crut que la circonstance était favorable, et qu’il devait en profiter pour déployer tout son zèle; il s’avança donc avec courage au milieu de ce peuple, et entreprit de le détourner de ses erreurs.

                                                                                                      

 Mais à peine eut-il commencé à parler, qu’on se jeta sur lui avec fureur pour le conduire devant le juge, qui le fit provisoirement mettre en prison.

Le lieu où il fut renfermé était un souterrain proche de Bouhy, à sept kilomètres d’Entrains ; il y resta enchaîné jusqu’au moment où on l’en re­tira, pour le faire paraître devant le préfet romain. La prison ne put ralentir son zèle ; il semblait dire, avec l’apôtre saint Paul, qu’on peut bien jeter dans les fers un disciple du Christ, mais qu’il n’est point de force humaine qui puisse enchaîner la parole de Dieu ; il prêchait le vrai Dieu à ses geôliers et à tous ceux qui l’approchaient. Quand on l’eut conduit en pré­sence du préfet, il ne parut aucunement épouvanté par ses menaces, comme il ne se laissa pas gagner par ses promesses….

 Le juge, irrité, ordonna à ses soldats de le livrer entre les mains du bourreau, et aussitôt les soldats l’entraînèrent en le chargeant de coups. Epuisé par les mauvais traitements et par les rigueurs auxquelles il avait été auparavant soumis dans la prison, notre Saint était sur le point de succomber, quand un des soldats, voyant que les forces allaient l’aban­donner, lui trancha la tête de son épée. Son martyr eut lieu le 16 mai 303 ou 304, sous la grande persécution de Dioclétien. »

Sous Dioclétien (244-312) en effet, la persécution contre les chrétiens reprend. Quatre édits (303-304) sont affichés dans les villes pour désorganiser les communautés : les églises et les livres sacrés doivent être brûlés ; les évêques emprisonnés et les chrétiens qui occupent des fonctions officielles radiés, les esclaves ne peuvent plus être affranchis ; les repentis doivent être libérés ; la peine de mort est appliquée contre tous ceux qui refusent les sacrifices.

 Lebeuf : « Après le martyre de saint Pèlerin, quelques chrétiens inhumèrent avec respect ses restes précieux à Bouhy, lieu de son supplice. Son corps y reposait encore au temps de saint Germain, et bientôt on éleva une église sur son tombeau. Plus tard, le corps du saint apôtre de l’Auxerrois fut transporté à Saint-Denis, proche Paris, et il ne resta à Bouhy que sa tête et les vertèbres. »

Comme toujours les reliques du saint furent démultipliées et dispersées, mais le reliquaire de Bouhy subsiste, présenté chaque année lors de la fête votive du 16 mai.

                                                                  

Le souvenir de Pèlerin, premier évêque venu achever son périple près d’Entrains, marque le lien profond du futur Donziais avec le siège épiscopal auxerrois dès son origine. Germain le renforcera en donnant à son diocèse les grands biens de sa famille dans cette même région.

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Montreparé, à Lainsecq

Abritant aujourd’hui une simple ferme, le hameau de Montreparé, à Lainsecq (89) montre les traces d’une enceinte circulaire et on y fait état de vestiges d’un château.

C’était une seigneurie ancienne, relevant à la fois de Toucy (Puisaye), et en arrière-fief de Trucy-l’Orgueilleux, pour laquelle Jeanne de Mello, dame de Lormes, de Château-Chinon et de Trucy, femme du Connétable Raoul de Brienne, rendit aveu en 1320 au comte de Nevers, en même temps que pour Paroy, à Oisy (58).

Sa fille Jeanne de Brienne, comtesse d’Etampes, fit don de Trucy à Guillemin du Bois ou à son fils Jean, son écuyer, dont les possessions passèrent par alliance aux sires d’Armes – voir à leur sujet la notice sur Vergers  -.

Montreparé avait été donné après la mort de Jeanne à Alexandre de Bazoches, sgr de la Motte-Josserand. En épousant Jean d’Armes, son arrière-petite-fille : Jeanne Lamoignon apporta sans doute Paroy et Montreparé, les réunissant ainsi à Trucy qui était venu aux sires d’Armes, avec Vergers, par Jean du Bois.

Mais le cheminement successoral exact de Montreparé reste hypothétique : cette terre disparaît des sources après Alexandre de Bazoches et ne reparaît que dans les mains des La Ferté-Meung au XVIème siècle, puis des Vathaire de Guerchy, au début du XVIIIème siècle.

On a formulé ci-dessous l’hypothèse qu’elle s’est transmise, en même temps que Trucy et Paroy, et qu’elle fut acquise par Nicolas-François de Vathaire, dont la famille la conserva jusqu’à la Révolution et en prit le nom.

Voyez, ci-dessous une version augmentée de la notice décrivant la succession des seigneurs de Montreparé. Nous y formulons des hypothèses logiques, mais des zônes d’ombre demeurent. 

Merci de vos contributions pour les éclaircir !

Montreparé (V4 du 22/12/21)

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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Perchin, à Treigny

(Illustration : armes de La Rivière)

Perchin, aujourd’hui un hameau de la vaste commune de Treigny, avait conservé jusqu’au début du XXème siècle, des restes d’un ancien manoir seigneurial, et notamment une porte à linteau du XVème siècle.

Ce fief avait été tenu pendant longtemps par les sires de La Rivière, à qui cette terre avait été apportée par Isabeau de Chassin au XIIIème siècle.

Il passa ensuite aux La Ferté-Meung (voir la notice Beauvais-Lainsecq) puis aux Carroble, Le Caruyer, Perreau et Bonnin par des alliances.

Perchin fut en fait un fief secondaire, associé à des fiefs principaux comme Champlemy et Beauvais-Lainsecq. Au XVIIème siècle il était dans les mains de Jacqueline de Menou et fut dès lors associé à la possession de Ratilly.

Voyez ci-dessous la succession des seigneurs de Perchin, qu’on rencontre sur plusieurs autres sites :

Perchin  (V2 du 16/9/21)

D enluminé

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Maupertuis, près Druyes

(Illustration : château de Druyes)

Cette seigneurie paraît constituée vers 1500 au profit de Regnault de Mullot (voir article sur Le Colombier à Etais) capitaine de Druyes, par des dons de la comtesse de Nevers, dont il était l’un des serviteurs. Elle passa dans plusieurs familles par des alliances successives, et vint accroître le vaste domaine des Damas d’Anlezy, vicomtes de Druyes (voir cette notice)  au début du XVIIIème siècle.

Une maison de maître subsiste à Maupertuis, siège d’une exploitation agricole isolée, sur une hauteur  boisée à l’ouest de Druyes. 

Ci-dessous la notice généalogique correspondante :

Maupertuis (version 5 du 29-9-21)

D enluminé

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