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Lain

(Illustration : manoir de Lain)

Le petit manoir de Lain, en bordure du village, a remplacé au XVIIIème siècle une construction antérieure, siège d’une seigneurie ancienne, dont le pigeonnier est la trace. On la trouve souvent orthographiée « Lin ».

Le fief était à Erard de Boisjardin (voir cette fiche) au XIVème siècle. Il est passé aux Digoine, puis au grand capitaine Jean de Chevenon, ami du roi Charles VII et l’un des plus riches seigneurs de son temps. Les Corquilleray, du Gâtinais, puis les Pelorde, du Berry, et les Gamaches (originaires de Picardie et du Vexin) en ont successivement hérité, avant qu’il arrive dans les mains d’Antoine d’Assigny au début du XVIIIè. Ses descendants paraissent l’avoir conservé jusqu’à la Révolution

Ces dernières années le manoir est devenu un centre de formation et d’exposition de poteries. Voir son site : Terre Est Ouest (Manoir de Lain).

Comme vous le constaterez en lisant la notice ci-jointe, la succession des seigneurs de Lain que nous proposons, contient encore bien des approximations et des manques. Merci de votre aide !

Lain

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Tracy, au coeur du vignoble

(Illustration : château et vignoble de Tracy)

Prolongeant vers le nord les coteaux du vignoble de Pouilly-sur-Loire, ceux de Tracy descendent vers le fleuve. Mais du château féodal qui, entre les tours de Cosne et celles de La Charité, gardait les rives de la Loire, il ne reste que les souterrains. Le comportement de son seigneur n’est sûrement pas étranger à sa disparition : il avait pactisé avec les anglais au début de la Guerre de Cent Ans.

Le fief de Tracy, comme celui de Sancerre sur l’autre rive de la Loire, a été, sinon l’enjeu, du moins le cadre des chevauchées et des combats qui n’ont cessé de se dérouler dans cette région pendant cette guerre. Ne voit-on pas en effet se succéder entre Puisaye, Donziais et Berry les hommes d’Arnaud de Cervole, mandé par le Dauphin pour combattre les anglais ; ceux de Robert Knolles et, lors de la lutte menée par le Duc de Bourgogne contre le roi de France, les anglais, puis Perrinet Gressart en 1424, et Charles le Téméraire enfin, qui s’empare de Cosne en 1463. Il semble que le calme ne revint dans la région qu’aux environs de 1470.

Le fief de Tracy est alors aux mains des Corguilleray dont un représentant, Guillaume, est Prévôt des maréchaux en 1489. Au siècle suivant, sa fille l’apporte en mariage à Michel des Rivauldes qui, en 1571, est l’un des cent gentilshommes de la maison du roi Henri III. Aux environs de 1580, Tracy passe à Françoise de Bar (sur cette famille voir "Histoire du Berry" de La Thaumassière), dont le père, seigneur de Buranlure, en Sancerrois, était gouverneur et maître des eaux et forêts du comté de Sancerre. Devenue veuve, elle choisit son second mari, François Stutt, parmi les gentilshommes de la garde du roi ; successivement attaché aux rois Henri III puis Henri IV.

Par ce mariage le fief de Tracy passa aux mains de cette famille écossaise dont les ancêtres, apparentés à la famille royale d’Ecosse, suivirent les Stuart lorsqu’ils vinrent au secours du dauphin pour bouter hors les anglais. Walter Stutt en 1419, puis en 1427 ses quatre fils combattirent sous les ordres de John Stuart, Connétable de France. Ils appartenaient aux vingt-cinq archers de la garde écossaise du corps du roi, réputés pour leurs costumes et leurs parures qui étaient d’une telle richesse qu’on les appelait les Orfavriers.

En récompense de ses services et de sa fidélité, Charles VII avait fait don en 1445 à Walter Stutt du fief d’Assay (à Beaulieu-sur-Loire). Pour sa part Louis XI accorda une "charte de naturalité" à Thomas Stutt, dont François était le descendant. Les droits des Stutt ayant été contestés, la paix revenue, ils furent confirmés par un arrêt du Grand Conseil tenu à Bourges en 1489. A la suite de  cette décision, les Stutt prirent la devise : « Don bien acquis », qui figure encore sur le porche du château.

Depuis cette époque, Tracy est toujours demeuré dans cette famille (voir l'article "Stutt" du "Dictionnaire" d'Aubert de La Chesnaye).

Suivant la tradition leurs représentants firent carrière dans les armes et plusieurs d’entre eux connurent une certaine célébrité, et notamment Antoine d'Estutt de Tracy, qui débuta dans les mousquetaires en 1770 et devint maréchal de camp en 1792. Député de la noblesse de la sénéchaussée du Bourbonnais aux Etats généraux de 1789, acquis aux idées libérales, il fut du nombre des gentilshommes qui se réunirent aux représentants du tiers-état. Arrêté sous la Terreur en 1793, emprisonné aux Carmes, il fut libéré à Thermidor. Disciple de Buffon et de Lavoisier, il fut ensuite celui de Condillac ; on lui doit un « Essai sur le génie et les ouvrages de Montesquieu ». Entré à l’Académie française en 1808, membre du Sénat sous Napoléon Ier, puis de la Chambre des Pairs en 1815, il fut unanimement aimé pour sa générosité et l’élévation de son esprit.

Son fils Victor d'Estutt de Tracy, après avoir participé aux campagnes napoléonniennes, lui aussi d’esprit libéral, ministre de la Marine en 1848, avait épousé, en 1816 Sarah Newton, petite-nièce du célèbre physicien, à laquelle on doit également une œuvre littéraire.

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                                                             Sarah Newton, ctesse d'Estutt de Tracy

Le château de Tracy a été construit au XVème siècle près de l’emplacement d’une demeure plus ancienne dont il ne reste que les souterrains. Remanié au XVIème siècle, ce nouveau château a été en partie reconstruit au XIXème. Il est toujours à la tête d'un prestigieux vignoble (voyez le site du Chateau de Tracy)

Voyez ci-dessous la suite des seigneurs connus de Tracy, à partir du XVè siècle, et aidez-nous à la compléter…

Tracy

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