La Maison-Fort, à Bitry

(Illustration : tour du XIVè siècle)

Le château de la Maison-Fort à Bitry, non loin de Saint-Amand, sur une motte entourée de fossés, était un hexagone régulier, formé de courtines et de corps de logis, flanqués de tours rondes aux angles, élevé au XIVè siècle. Il n’en reste que le corps de logis nord, avec ses deux tours, le tout remanié à la Renaissance, et quelques autres vestiges.

La Maison-Fort téait une terre mouvant de la baronnie de Saint-Verain, et le château fut sans doute construit par un sire d’Amboise-Saint-Verain. En 1458 il passa par échange à Jean des Ulmes, fils d’Huguette de Courvol (voir cette page) (qui avait épousé Perrinet Gressart en secondes noces).

Le fief passa ensuite par alliance à la famille de Beaujeu (Beaujeu-sur-Saône, Franche-Comté) puis aux du Bois des Cours (d’origine normande puis du Perche) pour lesquels il fut érigé en marquisat, et qui le conservèrent jusqu’à la Révolution.

Le dernier marquis de La Maison-Fort, Antoine Philippe du Bois des Cours, fut un actif agent des Princes sous la Révolution et l’Empire, et a laissé plusieurs ouvrages, dont des Mémoires.

Voyez la notice décrivant la suite des seigneurs de la Maison-Fort, récemment complétée :

La Maison-Fort (V7 du 5/1/22)

D enluminé

Share

8 réflexions sur « La Maison-Fort, à Bitry »

  1. Bonjour,

     

    Je vous signale un petit fait qui concerne La Maison-Fort pendant les Guerres de Religion. Je mentionne cela dans « Le baron de Saint-Rémy, seigneur de Blancafort », B. Thierry des Epesses, 2017, page 118. A la prise d’armes par les protestants au printemps 1576, l’armée du prince de Condé renforcée par 9000 reîtres allemands, 8000 Suisses, 2000 lasquenets et 1000 Wallons traversa le Nivernais. Le lundi 9 avril 1576, Saint-Vérain ayant  refusé l’entrée du bourg aux troupes de Montmorentcy et des reîtres du  prince palatin Jean-Casimir, la petite cité fut ravagée par les soudards mais le baron de Saint-Rémy parvint à protéger les 400 femmes et enfants qui s’étaient  réfugiés dans le donjon  et les convoya avec sa compagnie et 40 à 50 Suisses à La Maison-Fort , située à deux lieue de là. En effet Saint-Rémy était un proche du seigneur de Beaujeu à qui était alors La Maison-Fort.

    Bien cordialement

    BTE

  2. Bonjour,

     

    Je vous signale un petit épisode des Guerres de Religion qui concerne la Maison-Fort et que je cite dans ma monographie "Le Baron de Saint-Rémy, seigneur de Blancafort" par B. Thierry des Epesses, 2017, page 118. Saint-Vérain ayant refusé l'entrée des troupes le lundi 9 avril 1576 à Montmorency-Méru et au duc Kasimir cette petite ville fut soumise à la violence des soudards, pour protéger les femmes et les enfants de Saint-Vérain le baron de Saint-Rémy, avec sa compagnie et 40 à 50 Suisses,  les convoya à La Maison-Fort "à deux lieues de là" tenu par un des ses proches, le seigneur de Beaujeu. Ils étaient 400.

    1. Bonjour, 

      merci de votre intérêt pour le site et de cette information intéressante sur une phase des sanglantes Guerres de Religion en Nivernais.

      Le seigneur de la Maison-Fort en question était René de Beaujeu, gouverneur d’Auxerre pour le parti huguenot, qui avait participé à la prise de la ville en 1567 (voir à ce sujet « l’Histoire de la prise d’Auxerre par les huguenots » par l’abbé Jean Lebeuf, réédition par Geda, La Ferté-sous-Jouarre, 2004).

      Il était le fils de Claude de Beaujeu (sur-Saône – rien à voir avec les Sully-Beaujeu) et de Marie des Ulmes.

      La Maison-Fort, sous ses différents successeurs, resta une forteresse protestante pendant plusieurs décennies et eut sans doute à en souffrir.

      1. Merci pour les informations. L'argument d'aller à La Maison-Fort est que le baron de Saint-Rémy se présentait comme parent de Beaujeu (en fait lié aux Blosset donc aux Ulmes). Il était du Tiers Parti, celui du duc d'Alençon frère du roi Henri III,donc catholique favorable aux Réformés. Il n'est pas intéressant de noter  qu'il fut chargé de la pacification d'Auxerre au lendemain de la bataille d'Arnay-le-Duc (1571) ayant la confiance de Coligny.

        Ce qu'on constate c'est qu'en 1576 La Maison-Forte était une place solide et qu'elle avait la capacité d'accueillir 400 personnes. Elle n'aurait pu être inquiétée car les troupes de Condé ne disposait pas d'artillerie adaptée à un siège. Saint-Vérain était tombée (et fut incendiée) car pourvue de faibles moyens de défense.   

        Ces Beaujeu n'étaient-ils pas possessionnés aussi de l'autre côté de la Loire ? 

        1. René de Beaujeu était issu d’une famille ancienne de Franche-Comté – auj. Beaujeu-Saint-Vallier-Pierrejux-et-Quitteur, ex Beaujeu-sur-Saône, en Haute-Saône, où subsiste un beau donjon – venue en Bourgogne, puis en Puisaye par alliance.

          Ces sire de Beaujeu (sur-Saône) portaient « de gueules à cinq trangles d’argent ».

          Ils n’ont rien à voir avec les grands sires de Beaujeu (Beaujolais), ou avec la branche des sires de Sully issus des comtes de Blois, seigneurs de Beaujeu (château de Beaujeu, reconstruit au XVIè