Les seigneurs de Guédelon

Les amis de la Puisaye connaissent l’extraordinaire chantier de construction d’un château médiéval à Guédelon, dans un site forestier au nord de Treigny.

Les « seigneurs de Guédelon » d’aujourd’hui sont les compagnons qui élèvent, jour après jour depuis près de 20 ans, en recourant aux techniques ancestrales et en utilisant les matériaux disponibles sur place, cette forteresse typique des XII-XIIIème siècle.

Voyez, si vous n’avez pas encore eu la chance de découvrir ce chantier, le magnifique site internet de ce projet unique : www.guedelon.fr, qui répondra à toutes vos interrogations et propose de très belles images.

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Mais il y eut autrefois des véritables seigneurs de Guédelon, qui était un fief de la paroisse de Treigny, châtellenie de Saint-Sauveur, en Puisaye donziaise.

Cette très vaste commune est particulièrement riche en sites médiévaux, que nous nous efforçons de vous présenter par ailleurs : le grand château de Ratilly, dont Guédelon est proche à travers la forêt ; l’ancien prieuré de Boutissaint et le fief de La Bruère ; les manoirs de Guerchy et de La Bussière plus au sud ; la Cour-des-Prés au bord de la Vrille, ou encore Perchin, fief des sires de La Rivière où il n’y a plus trace d’un château, et l’ancienne baronnie de Perreuse, dont les fiefs de Treigny relevaient (ce village est aujourd’hui associé à Treigny). Sans parler de l’ancien Prieuré de Moutiers, relevant de Saint-Germain d'Auxerre, situé non loin, et dont Guédelon a pu être une possession.

Treigny est également un haut lieu du renouveau de la poterie de Puisaye, avec le Centre d’Art vivant de Ratilly, et le Couvent de Treigny.

Marolles ne fait pas état du fief de Guédelon dans la liste annexée à son « Inventaire des titres de Nevers », mais Villenaut le mentionne expressément dans son « Nobiliaire Nivernais », dans la notice consacrée à la famille de La Bussière, originaire du Berry.

Pour trouver la première mention de Guédelon, il faut remonter au XVème siècle, à Simon Coignet, sgr de Villefargeau en Auxerrois et de Guédelon. Le fief passa à Jean de Thiard son gendre (voir à leur sujet la notice consacrée aux Granges, à Suilly-la-Tour), puis à Jean de Forests, sgr de Boutissaint et d'Angéliers, dont la fille l'apporta en 1576 à Claude de La Bussière, sgr de la Bruère – une terre où s'exerçait une activité verrière et à laquelle Guédelon resta ensuite associé, comme à Boutissaint -. 

Voyez ci-dessous une notice consacrée à la généalogie de cette famille, à ses différentes branches, et aux fiefs qu'elle a tenus :

Généalogie de La Bussière

Les descendants de Claude, seigneurs de Guerchy et La Bussière : Jean, Jacques, Edme et François ; puis d’Angeliers (à Dampierre-sous-Bouhy, voir cette notice) : Claude-Edme et Jacques-Jean, guillotiné à Paris en 1794, paraissent avoir conservé Guédelon.

Rien n’indique qu’il y ait eu dans la forêt de Guédelon ou au voisinage de l'étang de ce nom un manoir ou un château.

Par chance, les bâtisseurs modernes de Guédelon renouent avec le souvenir de l’ancien fief et lui redonnent vie de façon remarquable.

Nous sommes bien sûr intéressés par toute indication sur l'histoire ancienne de Guédelon…

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4 réflexions au sujet de « Les seigneurs de Guédelon »

  1. Bonjour,

    Ce n'est pas un commentaire mais une question: sur quelle base affirmez-vous que les Coignet, dans l'article sur Les Granges à Suilly portaient" d'azur à la gerbe d'or, accostée de trois moutons saillants affrontés d'argent" ? Je ne l'ai vu nulle part, si ce n'est un certain Coignet , à Paris dans l'Armorial d'Hozier, qui n'a pas trois mais 2 moutons (car comment 3 moutons peuvent-ils être affrontés dans un écu?).

    Mais comment être sûr que c'est de la famille des mêmes Coignet ?

    Je vous pose la question car je m'intéresse beaucoup au château de Guédelon, et votre récent aricle a attiré mon attention, car vous y dites que le premier seigneur connu était Simon Coignet, avant son gendre de Thiard (aussi donc à la notice des Granges).

    Merci d'avance de votre réponse. Cordialement.

    1. La source pour ce blason – que j'aurais dû mentionner – est l'article consacré aux Loynes de l'Orléanais  dans "l'Histoire généalogique et héraldique des Pairs de France" de Courcelles (Vol. 6 p. 13); un Gentien de Loynes avait épousé une fille de Simon Coignet, Marguerite, dont les armes sont décrites en marge.

      Il s'agit bien de deux et non trois moutons, comme vous le faîtes très logiquement remarquer (le chiffre est peu lisible dans la version en ligne, ce qui explique – sans l'excuser – l'erreur…). Je vais corriger en ce sens la notice sur les Granges.

      Les Coignet, bourgeois d'Auxerre à l'origine, et officiers royaux enrichis, avaient un établissement à Paris : Simon aurait hérité de son père Jehan, l'hôtel de Vaucouleurs, rue des Poulies (aujourd'hui coin Louvre-Rivoli) qu'il possédait en 1443.

      "L'Armorial historique de l'Yonne" d'A. Dey (Duchemin à Sens, 1862) donne comme blason aux Coignet de la Thuilerie, sgrs puis ctes de Courson : "d'azur à deux épées d'argent posées en sautoir, cantonnées de 4 croissants de même". Mais rien n'établit qu'ils descendaient, deux siècles plus tard, des précédents, le patronyme étant assez répandu dans la région.

      S'agissant de Guédelon, c'est A. de Vathaire, dans sa notice sur Treigny, qui indique que Simon Coignet possédait ce fief, et le légua à ses filles, sans mentionner ses sources.

      Merci de votre intérêt pour le site et de cette contribution.

       

       

      1. Bonsoir.

        Pour information, si ceci vous intéresse, en lisant l'article "de Forests" dans Histoire généalogique et héraldique des pairs de France" du chevalier de Courcelles à l'article de Monthiers page 11 tome 9, celui-ci parle du livre "Armorial des principales maisons et familles du royaume" de Dubuisson. Donc, je l'ai consulté en ligne et j'y ai vu tome 1 page 107 la description entrée 215 et le dessin de l'écu 215 la page précedente des Coignet de Guédelon.

        On y a aussi par exemple la famille de Thiard, de Forests etc.

        Bien à vous. Meilleurs sentiments.

        1. Voici une référence intéressante puisqu'on y distingue bien nos Coignet, connus au XVème siècle, et ceux dits "de la Thuilerie" et de Courson des XVII-XVIIIème, qui paraissent appartenir à deux lignées différentes. Je vais la mentionner dans la notice.

          Un grand merci !

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