Archives par mot-clé : pouilly

Saint-Andelain, au coeur du vignoble

Sur le haut d’une colline dont les flancs en pente douce sont couverts de vignes, Saint-Andelain domine le vignoble de Pouilly et la vallée de la Loire.

Nous avons déjà cité ce fief dans les mains des seigneurs du Nozet à partir de 1600 environ, mais il a une histoire plus ancienne.

Il appartenait à la châtellenie de Donzy et jouxtait les terres du prieuré de La Charité à Pouilly, et celles du chapitre de Saint-Hilaire de Poitiers – Longrets –.

Il est cité dès le XIVème siècle, mais la succession des premiers seigneurs reste fragmentaire. Elle se fixe semble-t-il à partir de Jehan Baudu, un bourgeois de Cosne qui fut châtelain de Donzy, Cosne et Chateauneuf-Val-de-Bargis pour le comte de Nevers dans la deuxième moitié du XVème siècle. Saint-Andelain resta détenu par ses descendants jusqu’à son rachat par les sires du Broc, du Nozet.

Il n’y a pas de château visible à Saint-Andelain, bien que certains titres évoquent des hommages pour la « maison de Saint-Andelain » ; à l’exception d’un pigeonnier dans le bourg, qui en est peut-être l’ultime trace.

Cette paroisse, rattachée autrefois à l’abbaye de Saint-Laurent, est la seule à porter ce nom. Elle le tenait d’un prêtre du VIIème siècle. L’évêque d’Auxerre saint Vigile, réputé noble et guerrier, lui aurait donné cette terre familiale près de Pouilly, où Andelain se serait retiré en ermite.

Voyez ci-dessous une première notice traitant de la succession des seigneurs de Saint-Andelain. Merci de votre concours pour la compléter ou la corriger…

Saint-Andelain (V1 du 6 mai 2020)

 

Share

Pouilly, le vin des moines

Pouilly-sur-Loire, gros bourg d’origine médiévale, doit son développement et sa prospérité à son vignoble (Pouilly). Son histoire propre est largement méconnue car la cité vécut dans l’ombre du grand monastère clunisien de La Charité dont elle dépendait – qui n’était pas quant à lui en Donziais -. Elle n’a fait l’objet d’aucune véritable étude et la configuration ancienne du château et de la ville n’a pas été représentée.

Née de La Rochelle et Lebeuf rappellent que cette Pauliaca villa appartenait au VIIème siècle, à Saint Vigile, évêque d’Auxerre, qui la légua au monastère de Notre-Dame-La-d’Hors qu’il avait fondé hors des murs de la ville.

On ne sait dans quelles circonstances – violentes sans doute et avant l’an mil – elle passa aux mains de seigneurs laïcs. On sait par contre que cette famille la céda au monastère clunisien naissant à la fin du XIème siècle.

Yves Sassier dans son travail sur le comté d’Auxerre, décrit cet épisode fondateur : «  Très caractéristique nous paraît, à cet égard, l’exemple de la villa de Pouilly-sur-Loire : dans la seconde moitié du XIème siècle, elle était aux mains d’une famille chevaleresque, les Bonvassal, attachée au château de Huban-en-Nivernais. En 1084, Ancel Bonvassal et ses trois frères, Hugues, Humbaud et Aganon, ont fait à La Charité l’aumône de la moitié de la potestas du lieu et des manants qui en relevaient, tam viros quam mulieres ubicumque abeantur ; en outre Ancel a concédé au prieuré une grange avec sa curtis, le champart de la réserve qui en dépendait, et plusieurs familles de paysans. Ancel et son puîné Hugues, ont dû trépasser quelque temps plus tard : en 1089 un placitum réuni à Dompierre-sur-Nièvre a permis la passation d’une convention entre le monastère et les deux survivants, Humbaud et Aganon. Aux termes de cet accord, chaque partie a reconnu devoir partager avec l’autre tout ce que, dans le futur, elle acquerrait au sein de la poesté, tam in casatis, quam in terris sive redditibus diversis. Mais on a aussi été plus loin. En effet l’aîné, Humbaud, a accepté qu’à la mort d’Aganon son cadet, la moitié de ce que celui-ci possédait en propre à Pouilly entre dans le dominium des moines. Très probablement ces derniers ont pu obtenir une telle clause en arguant que ce n’était là, somme toute, qu’une application du principe du partage égal ; une application qui en réalité, devait provoquer à terme un appauvrissement du lignage des Bonvassal et brisait donc, au profit du prieuré, l’équilibre défini plus haut. Aganon dut mourir quelque temps après, et La Charité toucher sa part d’héritage. La croisade fit le reste : Humbaud le Blanc, en partance pour Jérusalem et à court d’argent, donna au prieuré ses terres de Pouilly et de Charant, et quicquid omnino habeao in terra absque retentione ulla, non sans, il est vrai, se réserver expressément la faculté de rachat à son retour de Terre Sainte. Vraisemblablement il n’en revint pas, et le lignage fut éliminé du domaine de Pouilly, entièrement acquis au monastère…. »

Les prieurs de La Charité furent donc « seigneurs de Pouilly » es-qualité du XIème siècle à la Révolution. Ils administrèrent la cité et eurent à cœur d’en développer le vignoble.

D’abord réguliers puis « commendataires », ils furent pour la plupart des dignitaires de l’Eglise issus de puissantes familles, tant étaient grands le prestige et l’influence de la « fille aînée de Cluny », antichambre de l’abbatiat, d’un siège épiscopal ou même du chapeau de cardinal. Firent-ils seulement arrêt à leur château de Pouilly au cours de leurs voyages d’un « bénéfice » à l’autre ou vers Rome, pour y goûter le vin de leurs vignes ?

Veuillez trouver ici une étude – à compléter – sur les  Prieurs de La Charité

La petite cité prit une certaine extension autour du château, réputé datant de l’époque carolingienne ; une enceinte quadrangulaire l’entoura et sa vie s’écoula au fil des vendanges, troublée par les guerres mais sous la puissante protection des moines.

De l’édifice castral ancien reconstruit au XIIIème siècle, ne subsistent que les fondations. Il avait subi les assauts de la Guerre de Cent ans et fut reconstruit par Jean de La Magdeleine, dernier prieur régulier au début du XVIème siècle. Abîmé par les guerres de religion, il fut à nouveau rebâti en 1651 par le prieur Pierre Payen, dans le goût classique, ouvrant par de hautes fenêtres sur le Val de Loire. C’est cet édifice tout en hauteur qu’on voit aujourd’hui.

                                       

A la Révolution, comme tous les biens de l’abbaye, le fief et le château furent vendus par la Nation. Ce dernier fut acquis par Etienne Lafond (1756-1828), négociant en vins parisien, qui allait se rendre maître également du Nozet en 1798, un ancien domaine des moines. Ce patrimoine prestigieux appartient à ses descendants.

Le vignoble quant à lui entra dans une nouvelle ère, marquée par l’essor de petites propriétés familiales qui le caractérisent toujours aujourd’hui – à l’exception du Nozet et de Tracy, ces vieux fiefs que nous connaissons -.

Cette façade viticole du Donziais, entre Cosne et La Charité, est riante et prospère. Elle nous rappelle que si l’ancienne baronnie était bourguignonne, son terroir occidental appartenait à l’espace ligérien et bénéficiait des bienfaits du grand fleuve.

Share

Mocques, au milieu des vignes

(Illustration : château de Mocques)

Le château de Mocques présente une belle ordonnance classique. Il a remplacé au XVIIème siècle une demeure féodale, sur ce côteau couvert à nouveau de vignobles, à Villiers, hameau de Saint-Martin-sur-Nohain, non loin de Cosne.

Cette seigneurie, dont un puissant personnage de Bourgogne : Claude de Beauvoir, sire de Chastellux, maréchal de France fut titulaire, lui venait des anciens sires de Saint-Verain, par sa mère. 

Nous aimerions pouvoir établir plus précisément cette origine, avec votre aide…

Elle passa ensuite par une succession d’alliances aux Fontenay, du Berry, aux Saint-Quintin, puis aux Ravan de Vieilbourg voisins (voir la notice sur Myennes), et enfin aux La Roche-Loudun, alliés des Marafin (voir la notice sur Vieux-Moulin) dirigeants protestants de la région.

Dans des conditions qui restent à élucider, elle se trouvait au début du XVIIème siècle, entre les mains de la famille du Rozel, d’origine normande mais alliée en Berry et Cosnois, qui la détint pendant 4 générations, mais dont on perd ensuite la trace.

Une anecdote tragique survenue en 1677 a laissé une trace funeste dans les registres : celle de la mort du jeune Jean du Rozel, 15 ans, dévoré par la tristement célèbre « bête sauvage de Cosne« , ce qui pourrait expliquer que ses parents aient abandonné Mocques.

Après la Révolution, la famille de Chassy est à Mocques, d’où postérité jusqu’à une époque récente.

La notice attachée à cet article donne davantage de précisions mais reste à compléter : 

Mocques (V. complétée du 26 nov 2019)

D enluminé

Share