Bourras, les cisterciens à l’oeuvre

(Illustration : Bourras, l’ancien logis abbatial)

Fondée au début du XIIème siècle par Hugues de Thil, seigneur de Champlemy et Alix de Montenoison son épouse, l’abbaye cistercienne N.-D. de Bourras, à Saint-Malo-en-Donziais, était la première fille de Pontigny, qui envoya des moines pour cette nouvelle fondation. Elle relevait de l’évèché d’Auxerre, et on doit considérer le territoire autour de Chateauneuf comme partie intégrante du Donziais, même si le chef-lieu appartenait au comte de Nevers.

Elle fut un établissement prestigieux, à la tête de domaines considérables dans cette vallée où les moines aménagèrent de grandes exploitations agricoles à la place des marais, apportant des techniques nouvelles. La liste de ses prieurs commendataires à partir du XVIème siècle, confirme que Bourras, à défaut d’un rayonnement religieux maintenu, devait procurer un revenu significatif.

Il ne reste presque rien des bâtiments d’origine : l’église a été détruite, et seules subsistent quelques arcatures de l’ancien cloître roman, derniers témoins de la gloire passée de Bourras. 

Un abbé commendataire a fait construire au XVIIIè siècle une véritable gentilhommière, qui veille toujours, au coeur de cette vallée isolée, sur le souvenir des valeureux moines qui l’avaient animée de leurs chants des siècles durant.

Voyez ci-dessous une notice largement inspirée par le travail de l’abbé L. Charrault, dans son petit livre sur Chateauneuf au Val-de-Bargis :

N.-D. de Bourras

D enluminé

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2 réflexions sur « Bourras, les cisterciens à l’oeuvre »

  1. Bonsoir Madame, Monsieur,

    En faisant des recherches sur notre « abbaye » je suis tombé sur votre site.

    il y a deux points qui m’ont interpellés :

    – le premier étant le nom « Notre Dame de Bourras », c’est la première fois que je lis cela; pouvez-vous me donner votre source ?

    – le second est le nom et la date de ce que vous appelez la « gentihommière », personnellement en faisant des recherches nous avons trouvé le nom de « logis abbatial de l’abbé commanditaire » (récoltant l’impôt) construit au XVIIe S et non XVIII e S.

    Est-il possible d’échanger avec vous par téléphone à ce sujet?

    Bonne soirée.

    1. Bonjour,

      Merci de votre intérêt pour le site et de vos remarques.

      L’appellation « Notre-Dame de Bourras » est employée pour désigner l’abbaye par les Archives départementales, par la base Telma qui en présente le cartulaire, ou encore par la base Bibale du CNRS. C’est pourquoi je l’ai retenue, d’autant plus naturellement que les abbayes anciennes étaient généralement « dédiées » et non appelées du seul nom de l’endroit où elles se trouvaient. Il en allait ainsi de Notre-Dame de Pontigny, son abbaye-mère, qui fut ultérieurement dédiée à Saint Edme. Ces appellations ont souvent disparu quand ces monastères se sont trouvés désaffectés et vendus à la Révolution, pour laisser place au simple nom du lieu.

      S’agissant de la maison, il s’agit bien entendu du « logis abbatial » comme vous le rappelez ; j’ai employé l’expression de « véritable gentilhommière » pour marquer simplement combien l’abbé commendataire se comportait en « véritable seigneur » de ce « bénéfice ». Quant à sa date de construction, n’ayant pas de source je me suis fié à l’apparence, mais ce peut être la fin du XVIIème siècle bien sûr. Merci de m’indiquer vos références le cas échéant.

      Bien cordialement.

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