Archives de catégorie : 4 – Châtellenies de Corvol et Billy

Villette-les-Corvol

(Illustration : le pont sur le Sauzay à Corvol)

Le fief de Villette, ou « Villette-les-Corvol » ou parfois « La Villette », est cité plusieurs fois dans l’Inventaire des Titres de Nevers, mais la succession de ses titulaires reste difficile à établir complètement.

Le château actuel, au bord du Sauzay, en impose par sa taille à l’entrée de Corvol-l’Orgueilleux.  Il date du début du XIXème siècle et a dû remplacer une construction plus ancienne dont il n’y a plus aucune trace. A l’origine Villette avait des fossés alimentés par la rivière.

Le premier seigneur nommé par les sources disponibles : Antoine de Gayot, aurait acquis le fief au début du XVIème, selon Villenaut, qui ne cite pas sa source.

Villette a sans doute fait l’objet ensuite de plusieurs cessions, car on ne peut à ce stade relier les différents titulaires.

A la fin du XVIIème siècle, le fief se serait ajouté aux grands biens qu’avait acquis Léonard Le Breton, cité comme seigneur de Corbelin, Croisy et Villette, Receveur des Tailles à Vézelay après avoir été « Contrôleur des guerres », mais on perd sa trace chez ses descendants.

La notice ci-dessous devra donc être complétée et précisée…avec votre aide :

Villette (V1 du 27 mars 2020)

Share

Sembrèves, papeterie sur le Sauzay

(Illustration : un moulin à papier)

Le cours du Sauzay, assez abondant, était utilisé pour le flottage du bois vers Clamecy et l’Yonne, mais il actionnait aussi des moulins à vocation industrielle. Nous avons déjà évoqué certains d’entre eux  : Croisy, le Grand-Sauzay, Le Mée.

Celui de Sembrèves, aux portes de Clamecy, était exploité en papeterie. Il relevait d’un fief de ce nom, paroisse d’Oisy, (chât. de Billy), associé à celui de Moulot (relevant de Clamecy), et à la terre de la Breuille à Lainsecq, pourtant assez éloignée. Ils constituaient ensemble le patrimoine d’une même famille. Il y aurait eu un château ou un manoir à Sembrèves, détruit au XVIIème siècle.

Le premier seigneur connu est Olivier de Champfremeux, sgr de la Breuille, avec son frère Adrien (1523). Paul de Longueville fait hommage en 1575, mais on n’a pu établir le lien avec les Champfremeux. En 1603, la terre fut saisie sur la veuve et les enfants de Jean de La Bussière, sgr du Vaudoisy, qui en étaient sans doute co-seigneurs par héritage de Nicole Madeleine de Champfremeux.

Sembrèves est alors adjugé, dans des conditions qui restent à établir mais sans doute liées aux conflits religieux, à Raymond de Gentil – déjà rencontré au Boulay et à la Breuille. Ses descendants conserveront ces terres jusqu’après la Révolution.

La papeterie établie au moulin de Sembrèves, mentionnée au milieu du XVIIème siècle, était sans doute bien antérieure. La rivière fournissait l’eau et la force. Son utilisation principale étant le flottage du bois, l’eau et donc le papier produit étaient d’une qualité médiocre. La roue du moulin actionnait des martinets qui broyaient les matériaux et formaient la pâte.

Cette petite industrie, affermée par les seigneurs de Sembrèves à des exploitants papetiers, dura jusqu’au début du XIXème siècle (cf. infra, note à ce sujet).

Voyez ci-dessous une notice présentant la succession des seigneurs de Sembrèves. Elle est tout à fait parallèle à celle de La Breuille. Des points restent à éclaircir et nous vous serons reconnaissants de vos contributions.

Sembrèves (V1 du 23 mars 2020)

 

 

Share

Le Fey et la Poëse, à Billy et Etais

(Illustration : armes de Mullot)

Le Fey et la Poëse, à cheval sur Billy (58) et Etais (89), étaient des terres tenues à cens et rentes par Regnault Mullot, érigées en fiefs pour lui par Françoise d’Albert, baronne de Donzy, en 1526.

Aucun de ces deux fiefs, dont la constitution est assez récente, n’est cité pour des hommages ou dénombrements dans l’Inventaire des Titres de Nevers de l’Abbé de Marolles.

Au Fey, grand domaine agricole, une maison de maître (XVIIIème ?), atteste de l’ancien statut.

Ces terres se sont transmises de génération en génération chez les descendants de Regnault, jusqu’à la Révolution.

Voyez ci-dessous une notice résumant la succession des seigneurs :

Le Fey et La Poëse (Billy-Etais)

Share

Saint-Georges, à Corvol

(Illustration : la chapelle Saint-Georges, près de Corvol-l’Orgueilleux)

Tout en approfondissant l’histoire des principaux fiefs et châteaux du Donziais, nos recherches se portent également sur de plus petites terres, où toute trace seigneuriale a disparu, mais que nous rencontrons dans des actes.

Il en va ainsi de Saint-Georges, qui est un petit fief de la paroisse et châtellenie de Corvol-l’Orgueilleux, non loin du Grand-Sauzay, et dont on peut suivre la possession depuis la fin du  XVème siècle, malgré sa discrétion.

Aucune trace castrale n’est visible de nos jours dans ce hameau, où subsiste cependant une belle chapelle du XVème siècle.

Son histoire nous fait découvrir notamment les Rodon et les Blosset. Ces derniers n’étaient pas nivernais d’origine.

Voyez ci-dessous une première tentative d’établir la succession des seigneurs du lieu, qui devra être complétée au début et à la fin. Merci de votre concours !

Saint-Georges (Corvol)

 

Share

Corvol, Courvol : clarifications…

Il y a en Nivernais deux Corvol : Corvol-l’Orgueilleux et Corvol d’Embernard ; et il y eut une famille d’extraction chevaleresque dite « de Courvol ».

Cela mérite une clarification plus poussée que celle que nous avions proposée dans un article des débuts de ce blog, auquel celui-ci se substitue donc…

A tout seigneur tout honneur : Corvol l’Orgueilleux, gros bourg du canton de Varzy, conserve quelques traces de son importance passée. C’était le siège d’une des châtellenies du Donziais, unie très tôt à celle de Billy voisine, ni l’une ni l’autre ne comprenant un grand nombre de fiefs. En fait « d’Orgueilleux », surnom inspiré pour certains par ses fortifications anciennes, Corvol était plutôt « Argileux », ce qui est plus prosaïque, si l’on en croît Dom Charles de Courvol auteur de la généalogie de sa famille. Le mot se serait déformé au fil des siècles.

Cette terre faisait partie des vastes domaines que Saint Germain, évêque d’Auxerre, avait légués à son diocèse ou à l’oratoire de Saint-Maurice (d’Agaune), qui fut à l’origine de l’ abbaye de Saint Germain d’Auxerre. C’est sans doute pourquoi elle a eu plus tard un statut baronnial en Donziais, puis comtal en Nivernais. Il y avait là, avant même l’église recensée par Saint Trétice en 691, un monastère relevant sans doute de la grande abbaye.

L’ancien château comtal, modifié au fil du temps, a été en partie conservé, près de l’église et donc de l’ancien couvent : c’est un édifice composite qui paraît aujourd’hui relativement modeste.

                                                

Il n’y a pas trace dans les sources disponibles d’une « seigneurie particulière » à Corvol, ou d’une « vicomté » comme on en trouve à Druyes ou à Entrains, autres places comtales. Le château abritait sans doute un « capitaine » et peut-être une petite garnison, chargée de faire respecter les droits comtaux. Mais ces fonctions féodales se sont diluées et n’existaient plus à l’avènement du duché (XVIème siècle).

Corvol aurait donné son nom à la famille de Courvol, selon Villenaut, qui précise qu’ils n’en étaient pas les seigneurs, mais qu’ils y étaient simplement possessionnés. Cette question est peu documentée et reste discutée.

Voyez ci-dessous une nouvelle notice, enrichie, sur la généalogie de cette famille :

 Famille de Courvol

Corvol d’Embernard, modeste village du canton de Brinon de nos jours, était un fief ancien de la châtellenie de Montenoison, et n’était donc pas en Donziais. A-t-il donné son nom à la famille de Courvol, où lui a-t-elle donné, étant originaire de Corvol-l’Orgueilleux , comme certains l’avancent ?

Son église est dédiée à saint Gengoult et tout semble indiquer que cette paroisse fondée au 9ème siècle s’est formée sous les auspices d’un certain Dom Bernard. Ainsi au 14ème siècle, elle est mentionnée sous le nom de Corvolum Domipni Bernardi. Qui était ce Bernard  ?

Le fief paraît être sorti assez tôt de la famille de Courvol, dans des circonstances qui restent obscures : des Courvol font hommage au XIIIème siècle, mais dès la fin du XIVème, d’autres familles se succèdent à Corvol.

Corvol-d’Embernard est très proche géographiquement du Donziais et a appartenu aux sires de La Rivière, d’où l’intérêt de se pencher sur la succession de ses seigneurs  : 

Corvol d’Embernard

Merci de vos remarques et suggestions pour enrichir cette documentation !

Share